CONTE : Le loup et la chèvre


C
onte russe

Le loup et la chèvre

 

Il était une fois une chèvre qui s’était construit une cabane dans les bois et avait mis au monde des chevreaux.

Elle partait souvent en quête de fourrage. Sitôt après son départ, les chevreaux verrouillent la porte et ne sortent pas. A son retour, la chèvre frappe à la porte et chante:

Petits chevreaux, enfants chéris!
Ouvrez, ouvrez vite!
Moi, la chèvre, suis allée dans la forêt;
j’ai brouté l’herbe soyeuse,
j’ai bu de l’eau fraîche.
Mon lait coule à flots,
mouille mes sabots,
se perd dans la terre!

Les chevreaux s’empressent d’ouvrir à leur mère. Elle les allaite et repart au bois, tandis que ses chevreaux s’enferment à double tour.

Le loup qui a tout entendu profite de l’absence de la chèvre pour s’approcher de la cabane et crier de sa grosse voix:

Petits enfants, mignons enfants, ouvrez à l’instant! Votre mère est là, chargée de lait, de l’eau plein les sabots!

Les chevreaux répondent:

Non, non, ce n’est pas la voix de notre mère! Elle a une voix claire et d’autres paroles.

Le loup s’en va et se cache. La chèvre, à son retour, frappe à la porte:

Petits chevreaux, enfants chéris!
Ouvrez, ouvrez vite!
Moi, la chèvre, suis allée dans la forêt;
j’ai brouté l’herbe soyeuse,
j’ai bu de l’eau fraîche.
Mon lait coule à flots,
mouille mes sabots,
se perd dans la terre!

Les chevreaux la laissent entrer et lui racontent que le méchant loup est venu pour les manger. La chèvre les allaite et repart en leur recommandant de n’ouvrir pour rien au monde à quelqu’un qui s’adresserait à eux d’une grosse voix et ne répéterait pas mot pour mot ses paroles à elle. A peine s’est-elle éloignée que le loup accourt, frappe à la porte et chante d’une voix ténue:

Petits chevreaux, enfants chéris!
Ouvrez, ouvrez vite!
Moi, la chèvre, suis allée dans la forêt;
j’ai brouté l’herbe soyeuse,
j’ai bu de l’eau fraîche.
Mon lait coule à flots,
mouille mes sabots,
se perd dans la terre!

Les chevreaux ouvrent la porte, le loup fonce dans la cabane et les dévore tous sauf un qui s’est réfugié dans le four. La chèvre revient, mais elle a beau chanter, personne ne répond.

Elle s’approche, pousse la porte non verrouillée et voit la maison déserte; elle regarde à l’intérieur du four et découvre un seul chevreau. Ayant appris son malheur, elle s’affale sur le banc et pleure, se lamente:

– Ah, mes pauvres chevreaux, mes enfants chéris! Pourquoi, pourquoi avez-vous ouvert au méchant loup? Il vous a dévorés et me voilà toute triste.

Le loup qui l’a entendue pénètre dans la cabane et lui dit:

– Oh, commère, commère! Que dis-tu là? De quoi m’accuses-tu? Viens donc faire un tour en forêt.

– Non, compère, je ne suis pas d’humeur à me promener.

– Viens! – insiste le loup.

Ils s’en vont dans la forêt et arrivent devant une fosse où couvent les braises d’un bivouac de brigands. La chèvre dit au loup:

– Si on essayait de sauter cette fosse, compère?

C’est ce qu’ils font. Le loup saute et tombe dans la fosse brûlante; son ventre éclate, les chevreaux s’en échappent et bondissent vers leur mère.

  Depuis lors, ils vivent heureux, deviennent experts, évitent les revers.

SOURCES :
http://www.russievirtuelle.com/mythologie/contesf/chevreloup.htm

PAPY JANOT

 

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