LE PRÉ AUX ANGES : Les envahisseurs

logo mamy raconte aux pitchousALLEZ MAMY…! RACONTE….! est une nouvelle série qui va se poursuivre après NOËL à la joie des petits et des grands enfants..!
Elle est inédite dans la Chouette et transformera ma Mamy en conteuse au bord du feu…. Préparez les buches….. Pour les autres ….??
Ben.. ! Rêvez…..! Vous sentirez très vite les odeurs de fumée, la chaleur du feu de bois, vous entendrez l’écorce crépiter….. et vous verrez au milieu des flammes…. la fantasmagorie de l’imaginaire… ça y est.. vous tenez le soufflet bien en main….? Oui.. ! Alors.. ACTION Mamy..!

LE PRÉ AUX ANGES Textes de Pere GUISSET
(Illustrations Jean Pierre GUISSET)
Dédié à ses petits-fils THOMAS et BERTRAND

conseil de Jonas
Amis, vous êtes sur l’épisode 6 ….

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Même si les épisodes sont indépendants...
Il est recommandé de lire l’épisode 1 qui présente les personnages du petit mon
de de l’herbe

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le pré aux anges logo
e pré aux anges, c’est un lieu de promenade pour les habitants de

Camperol, Camperol ce petit village, accroché au flanc de la montagne, face au soleil levant, où il fait bon vivre.

Les gens de Camperol sont des gens tranquilles, paisibles, souriants, heureux de vivre leur vie, loin des villes et de la pollution…..


et pourtant….. il y a parfois, pour les habitants de l’herbe, des aventures à vivre…..

écoutez..!
Vas-y Mamy raconte…..



Les envahisseurs..?

  DERNIER ÉPISODE  N° 6

Fredaine, l’instable, le « bouge toujours », le vagabond Fredaine, le frelon ayant élu domicile depuis quelque temps, au bois des pinsons, est un ami de longue date de Pépie le papillon.
C’est avec lui qu’il fit d’innombrables et parfois inavouables parties de ripailles et beuveries !

.

.
 Les hôtes du bois des pinsons et ceux du pré aux anges savent fort bien que Pépie et Fredaine sont de joyeux drilles !

Fredaine donc, ce jour là, ivre comme est souvent Grisette la grive coutumière du fait, revenait des vignes de la vallée où les vendanges battaient leur plein. Il avait goûté le jus de toutes les comportes alignées le long de la vigne du Père Grenache, le vieux vigneron. Et comme d’habitude, après ses libations, Fredaine volait d’un vol lourd, hésitant, zigzaguant et heurtant très souvent le tronc d’un châtaignier en s’excusant chaque fois très poliment.

La vue obscurcie par l’ivresse, incapable de s’orienter, tamponnant de plus en plus les troncs des châtaigniers, il décida de s’arrêter ! Il se cacha dans la corolle d’une campanule sauvage et s’endormit ! Il était quasiment ivre mort Fredaine !

Un jour ou l’autre, notre ivrogne mourra, l’alcool le tuera ! Il mourra victime de sa passion pour le jus de raisin ! Il mourra dans d’affreuses souffrances.

Il fut réveillé par un bruit inhabituel au bois des pinsons ! C’était un roulement sourd, c’était un long craquement ou plutôt un martèlement continu, un bruit sinistre !

Fredaine risqua un coup d’œil du haut de son perchoir, ce qu’il vit, dissipa sur le champ son restant d’ivresse.

 Complètement dessaoulé, tout à fait lucide, il vit, marchant en rangs serrés, des centaines de fourmis, d’affreuses fourmis guerrières, marchant en direction du pré aux anges, dévastant tout sur leur chemin, attaquant les petites fourmilières se trouvant sur leur passage, tuant les défenseurs et emmenant les fourmis ouvrières pour en faire leurs esclaves, pillant les stocks  de nourriture amassés péniblement en prévision des longs mois d’hiver.

 

 Fredaine connaissait par ouï-dire ces fourmis, il savait qu’elles étaient fainéantes et cruelles, ne pensant qu’à se battre, piller et tuer ! Il vit avec effroi la puissance de leurs mâchoires, l’efficacité de leurs carapaces protégeant leur corps ! Il constata la barbarie avec laquelle elles attaquaient les petites fourmilières quasiment sans défense et tuaient sans raison, sauvagement tout insecte , quel qu’il soit, se trouvant sur leur chemin.

 Effrayé, paniqué, Fredaine comprit que cette armée bien entraînée, sans pitié et sans foi ni loi, cette horde sauvage était en marche vers la fourmilière du pré aux anges !

L’immense fourmilière, avec ses énormes réserves de vivres, son grand nombre de pucerons domestiqués, d’innombrables fourmis ouvrières et une armée certes courageuse, mais beaucoup moins nombreuse, moins bien organisée et surtout moins bien armée pour pouvoir s’opposer à celle qu’il voyait défiler du haut de sa campanule.

 La fourmilière du pré aux anges risquait l’extermination, et Aggripine, la jeune fourmi, sa délicieuse amie et toutes les autres fourmis risquaient de perdre la vie ou du moins la liberté.

L’armée des envahisseurs, était tout au plus à deux heures de marche du pré aux anges, il fallait faire vite, prévenir tous les hôtes du pré aux anges, préparer, organiser la défense de la fourmilière ! Fredaine fonça !

Fredaine est un ivrogne, mais c’est aussi un frelon courageux et prêt à donner sa vie pour la communauté !

C’est complètement épuisé, à bout de force, qu’il arriva au pré aux anges et se laissa tomber sur la branche, devant la grosse écorce abritant Dame Chansonnette, la cigale préposée par la communauté pour donner l’alerte en cas de danger. Fredaine eut le temps de signaler à Chansonnette le très, très grave danger avant de s’évanouir, vaincu par la fatigue et l’émotion.

Dame Chansonnette sans attendre, donna l’alerte, …..

et Guilleret le gentil écureuil qui habite comme on le sait, juste en dessous, partit, sautant de branche en branche, voltigeant comme un vrai acrobate, avertir Fourmiguète, la fourmi chef de l’armée, chargée de défendre la fourmilière.

La petite armée, décidée à se défendre jusqu’à la mort, prit position sur le bord du petit ruisseau bordant le pré aux anges, c’était la meilleure ligne de défense.

 L’armée des assaillantes, aurait fort à faire pour traverser le ruisseau, car il était impossible qu’elle aille faire le détour, c’est-à-dire remonter jusqu’à la source et redescendre sur l’autre bord, il fallait donc l’attendre là.

Chansonnette fût envoyée en reconnaissance et constata avec terreur que les fourmis guerrières avaient bien pris la direction du pré aux anges.

Et comble de malheur, sur le chemin du retour, elle crut mourir, Chansonnette, en voyant qu’une grosse branche d’un très vieux châtaignier atteint par la foudre au cours d’un orage était tombée en travers du petit ruisseau et cela un peu en aval du pré aux anges.

Cette branche pensa-t-elle, ainsi posée, ferait sûrement office de pont et l’armée ennemie l’emprunterait pour traverser sans difficulté le ruisseau, pour prendre à revers la petite armée de la communauté et l’anéantir.

Les cruelles fourmis, encore une fois, vaincraient et asserviraient de paisibles et travailleuses fourmis !

Le mal encore une fois aurait raison du bien !

Une communauté qui n’aspirait qu’à travailler et vivre en paix, une communauté tranquille, pas belliqueuse du tout, allait être la proie facile de cette horde sauvage venue d’ailleurs !

Cette branche malencontreusement tombée là, en travers du petit ruisseau, favoriserait le dessin de cette armée sortie des enfers ! La fourmilière du pré aux anges serait dévastée, pillée, rasée ! Aggripine et ses sœurs mourraient ou seraient emmenée en esclavage, et Noirot le grillon, et Margoton la vieille chenille et même Fenlevent le doux escargot, périraient aussi !

Dame Chansonnette, comprenant le grave danger, se hâtait ! Mais que pourrait-on faire ?

 C’était une trop grosse et trop lourde branche, on ne pourrait hélas la déplacer pensait-elle, comment arrêter ces fourmis guerrières ?

 C’est à l’orée du bois des pinsons que Chansonnette aperçut Pépie butinant joyeusement des fleurs sauvages !

Pépie, l’intrépide papillon, Pépie le dur à cuire, mis au courant de la situation par Chansonnette tremblant de frayeur, réfléchit, puis donna ordre à Chansonnette de ne pas alarmer davantage les autres, la rassura, lui assura que les cruelles fourmis ne passeraient pas, elle ne traverseraient point le ruisseau en passant sur la branche, foi de Pépie, dit-il, et il s’envola en direction du mas de Chante-Matines.

Intriguée, notre cigale volant vers le pré aux anges se demandait comment Pépie arrêterait-il les envahisseurs ?

Quel était son plan ? Dame Chansonnette avait espoir en l’action de Pépie, il avait maintes fois prouvé qu’il était sans peur, débrouillard et très malin !

Près du mas de Chante-Matines, sous les tilleuls, vivaient et vivent toujours dans des ruches construites en liège, de nombreuses et actives abeilles, fournissant aux métayer du Mas beaucoup de délicieux miel : ! les reines de ces ruches, étaient des amies de Pépie.

Notre héros, demanda une audience à ses amies les reines et leur expliqua le danger que courait la fourmilière du pré aux anges, demanda leur aide, leur rappela que parfois les fourmis guerrières attaquaient aussi les ruches et tuaient beaucoup d’innocentes abeilles !

Il exposa aux reines attentives, son plan pour interdire le passage du ruisseau sur la branche ! Les reines abeilles comprirent que l’union ferait la force et que leur devoir était de voler au secours de leurs cousines fourmis !

De chaque ruche, s’envolèrent des centaines d’abeilles porteuses chacune d’un peu de miel prélevé sur leur stock, ce peu de miel, elles allèrent le déposer sur la branche et répartirent aussitôt vers leurs ruche chercher encore d’autre miel ! Cette opération nos vaillantes abeilles la répétèrent maintes et maintes fois !

Bientôt une bonne partie de la branche fût complètement recouverte d’une bonne couche de miel ! Pépie était heureux, l’armée ennemie ne passerait pas !

Elle s’engluerait dans ce miel ! et Si toutefois elle passait, ce serait avec beaucoup de pertes et avec difficulté ! Elle perdrait beaucoup de temps et c’est tout ce que désirait Pépie, gagner du temps pour lui permettre la réalisation de la seconde partie de son plan !

Il laissa donc le soin de défendre le passage aux abeilles qui continuaient leur pont aérien des ruches à la branche et il s’envola vers Camperol le gentil village où vivait Piafon, le chef incontesté des moineaux, nichant dans les trous des murs des divers granges et remises !

Piafon et ses amis n’avaient pas et n’ont pas bonne réputation, ils vivaient et vivent de rapines, de petits larcins, parfois dévalisant sans vergogne les greniers et mettant à mal les fruits des jardins,. Les habitants de Camperol se seraient bien passés et se passeraient bien de la présence de ces effrontés voleurs.

Pépie, au cours de sa vie aventureuse avait fréquenté Piafon et ses amis, il s’était même querellé un jour avec Piafon et Piafon avait perdu patience et, d’un coup de bec rageur, avait cassé une antenne à Pépie !
Malgré cette discorde passagère, ils étaient restés en bons termes !

Pépie savait que Piafon ne lui refuserait pas son aide.
Dans ce milieu, si les fâcheries sont fréquentes, l’amitié est solide et sûre.

Il ne se trompait pas ! Le temps de sonner le rassemblement de ses troupes éparses, chapardant à droite et à gauche, et Piafon se déclara prêt, lui et une vingtaine de « malfrats » de son espèce, à voler au secours des amis de Pépie !

 L’affaire ne traîna point, en un rien de temps, Piafon et ses amis taillèrent en pièces l’armée des fourmis guerrières, leur avant-garde d’ailleurs était déjà prise au piège tendu par les abeilles, elle était là cette avant-garde et une partie du gros de l’armée, dans l’impossibilité de se mouvoir, engluée dans le miel.

Perchés sur la plus haute branche d’un chêne, Pépie et Dame Chansonnette assistèrent à la défaite, à la déroute des envahisseurs ! Elles fuyaient dans tous les sens les terribles guerrières, fuyant les becs des amis de Piafon et des pinsons qui se mirent aussi à pourchasser les fuyardes !

Elles ne reviendront pas de sitôt déclara toute heureuse Dame Chansonnette ! et j’ai compris aujourd’hui, dit-elle aussi à Pépie, qu’il est bon parfois d’avoir des amis et que dans tous les milieux, il y a de bonnes âmes qui savent ce que le mot amitié veut dire !

Puis, toute émue, pour les remercier, Dame Chansonnette embrassa par surprise, malgré leurs mines patibulaires, le grognon Piafon et ses amis et leur déclara qu’au pré aux anges, on n’oublierait jamais leurs sauveurs avant de s’élancer porter la bonne nouvelle à ses amis.

Piafon l’a déclaré « fofolle », mais il avait la larme à l’œil, heureux de sa bonne action, puis se reprenant, il haussa le ton pour annoncer qu’une victoire se fête dignement et donna rendez-vous à tous, près des comportes du Père Grenache.

J’y vais aussi dit Pépie ! Je les accompagne également déclara Fredaine, l’incorrigible boit sans soif, qui tenait à fêter la victoire mais aussi, très certainement, à oublier la belle frousse qu’il avait eue en voyant cette terrifiante armée en marche.

Pere GUISSET ( poète catalan 1920 – 2000)


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RETRO : C’est un autre épisode….

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