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POESIE : VICTOR HUGO – La conscience ….. de Caïn


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– Aujourd’hui nous sommes la Saint ABEL nous n’avions pas le droit de l’oublier

 

La conscience – Victor Hugo


LE CONTEXTE BIBLIQUE:
Abel et Caïn, Tintoretto (XVIème siècle)Abel
est un personnage de la Genèse (premier livre de la Bible) et du Coran. Il est le deuxième fils d’Adam et Ève.
Il est tué par son frère aîné Caïn, parce que Dieu a préféré son offrande à celle de son frère.

Caïn, l’aîné, cultive la terre et Abel (étymologie : de l’hébreu souffle, vapeur, existence précaire) garde le troupeau.
– Le premier offre à Dieu des fruits de la terre
– Le second des premiers-nés de son troupeau de moutons et leur graisse.
Dieu regarde avec faveur Abel et son offrande, mais non pas celle de Caïn.

Jaloux, Caïn tue son frère en se jetant sur lui alors qu’ils se trouvent aux champs c’est le premier meurtre inscrit dans la Bible.

Selon les traditions religieuses, Abel serait donc le premier assassiné, le premier tué et le premier mort de l’Histoire.
Son cadavre serait le premier cadavre enseveli sous terre de l’Histoire

Ce theme biblique a inspiré bien des artistes on reconnait, entre autres, Titien et Tintoret -CLIQUEZ c'est le tableau de Titien qui est agrandit

La conscience

Lorsque avec ses enfants vêtus de peaux de bêtes,
Echevelé, livide au milieu des tempêtes,
Caïn se fut enfui de devant Jéhovah,
Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva
Au bas d’une montagne en une grande plaine ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d’haleine
Lui dirent : « Couchons-nous sur la terre, et dormons. »
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts.
Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,
Il vit un oeil, tout grand ouvert dans les ténèbres,
Et qui le regardait dans l’ombre fixement.
« Je suis trop près », dit-il avec un tremblement.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme lasse,
Et se remit à fuir sinistre dans l’espace.
Il marcha trente jours, il marcha trente nuits.
Il allait, muet, pâle et frémissant aux bruits,
Furtif, sans regarder derrière lui, sans trêve,
Sans repos, sans sommeil; il atteignit la grève
Des mers dans le pays qui fut depuis Assur.
« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Et, comme il s’asseyait, il vit dans les cieux mornes
L’oeil à la même place au fond de l’horizon.
Alors il tressaillit en proie au noir frisson.
« Cachez-moi ! » cria-t-il; et, le doigt sur la bouche,
Tous ses fils regardaient trembler l’aïeul farouche.
Caïn dit à Jabel, père de ceux qui vont
Sous des tentes de poil dans le désert profond :
« Etends de ce côté la toile de la tente. »
Et l’on développa la muraille flottante ;
Et, quand on l’eut fixée avec des poids de plomb :
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Tsilla, l’enfant blond,
La fille de ses Fils, douce comme l’aurore ;

L'oeil de DIEU VU PAR LE TELESCOPE HUBBLE
Et Caïn répondit : « je vois cet oeil encore ! »
Jubal, père de ceux qui passent dans les bourgs
Soufflant dans des clairons et frappant des tambours,
Cria : « je saurai bien construire une barrière. »
Il fit un mur de bronze et mit Caïn derrière.
Et Caïn dit « Cet oeil me regarde toujours! »
Hénoch dit : « Il faut faire une enceinte de tours
Si terrible, que rien ne puisse approcher d’elle.
Bâtissons une ville avec sa citadelle,
Bâtissons une ville, et nous la fermerons. »
Alors Tubalcaïn, père des forgerons,
Construisit une ville énorme et surhumaine.
Pendant qu’il travaillait, ses frères, dans la plaine,
Chassaient les fils d’Enos et les enfants de Seth ;
Et l’on crevait les yeux à quiconque passait ;
Et, le soir, on lançait des flèches aux étoiles.
Le granit remplaça la tente aux murs de toiles,
On lia chaque bloc avec des noeuds de fer,
Et la ville semblait une ville d’enfer ;
L’ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;
Ils donnèrent aux murs l’épaisseur des montagnes ;
Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d’entrer. »
Quand ils eurent fini de clore et de murer,
On mit l’aïeul au centre en une tour de pierre ;
Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !

 L'oeil de DIEU VU PAR LE TELESCOPE HUBBLE

L’oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.
Et Caïn répondit :  » Non, il est toujours là. »
Alors il dit: « je veux habiter sous la terre
Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »
On fit donc une fosse, et Caïn dit « C’est bien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il se fut assis sur sa chaise dans l’ombre
Et qu’on eut sur son front fermé le souterrain,
L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn.

Victor HUGO

 

 

Caïn tuant Abel, Pierre Paul Rubens : Caïn maintient son frère couché près de l'autel du sacrifice.Caïn premier vampire ?

La mythologie de Vampire se base sur un texte inspiré de la Genèse, intitulé le Livre de Nod, dont il ne reste aujourd’hui que quelques fragments.
Selon le livre qui décrit la cosmogonie de Vampire (Le livre de Nod), et qui occupe peu ou prou dans le monde vampirique la place de la Bible chez les humains, les vampires descendent de Caïn, figure biblique connue pour avoir tué son frère Abel.
Celui-ci aurait été contacté trois fois par Dieu et ses Archanges. Ayant refusé par trois fois le pardon de Dieu, de « simple maudit », il serait devenu le premier Vampire, craignant le feu, la lumière et sa descendance qui finirait de toute façon par comploter contre lui.

Uriel, Raphaël, Michaël. Chaque ange expliqua à Caïn qu’il lui suffisait de demander pardon a Dieu pour que son exil prenne fin. Chaque fois il refusa, Il fut DONC condamné à errer dans les ténèbres, à ne boire que du sang et c’est petit à petit qu’il serait devenu le Premier Vampire.

Dieu lui envoie ses Archanges

Après son crime, Dieu envoie à Caïn ses archanges pour recueillir son pardon…

-L’archange Michel lui apparut et lui demanda de se repentir pour le crime d’Abel.
Caïn refusa et l’archange le maudit : désormais lui et ses descendants craindraient le feu.

–  l’archange Raphaël qui lui demanda à son tour de se repentir et à nouveau Caïn refusa.
L’archange le maudit : lui et ses enfants craindront désormais la lumière du jour qui les brûlera comme le feu.

– Vint ensuite Uriel et à nouveau Caïn refusa l’offre faite. Il fut condamné à errer dans les ténèbres, à ne boire que du sang et à ne jamais mourir. Et cela, jusqu’au dernier jour.

Caïn fuyant avec sa famille, Fernand Cormon, Musée d'Orsay, Paris (1880).

– Enfin, apparut l’archange Gabriel qui par compassion laissa ouverte une voie vers la Rédemption

Désormais, sa conscience était éveillée.


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les châteaux de Victor Hugo … l’autre Hugo … de l’écrivain à l’artiste

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Victor Hugo, de l’écrivain à l’artiste


Tout le monde connaît Victor Hugo, l’écrivain. Mais ce que l’on sait moins de ce grand romantique c’est que le célèbre auteur des Misérables, Notre Dame de Paris n’était pas qu’un écrivain. Il avait beaucoup d’autres talents.
C’était un artiste qui avait des talents de décorateur et de dessinateur.

C’est lui qui aménage la maison d’Hauteville House (Guernesey), lieu d’exil politique de la famille entre 1856 et 1870.

“Ses dessins et gouaches, réalisés au cours de ses nombreux déplacements et années d’exil, posent un double regard sur les lieux visités “

Nous vous avons retrouvé quelques uns de ses dessins de châteaux pour illustrer son poème  » le château fort  »
Bien sur,  cela nous donne envie de retourner à la maison Victor Hugo Place des Vosges à Paris !

Poésie : Le château-fort

 

À quoi pensent ces flots, qui baisent sans murmure
Les flancs de ce rocher luisant comme une armure ?
Quoi donc ! n’ont-ils pas vu dans leur propre miroir,
Que ce roc, dont le pied déchire leurs entrailles,
A sur sa tête un fort, ceint de blanches murailles,
Roulé comme un turban autour de son front noir ?

Que font-ils ? à qui donc gardent-ils leur colère ?
Allons ! acharne-toi sur ce cap séculaire,
Ô mer ! Trêve un moment aux pauvres matelots !
Ronge, ronge ce roc ! qu’il chancelle, qu’il penche,
Et tombe enfin, avec sa forteresse blanche,
La tête la première, enfoncé dans les flots !

Dis, combien te faut-il de temps, ô mer fidèle,
Pour jeter bas ce roc avec sa citadelle ?
Un jour ? un an ? un siècle ?… Au nid du criminel
Précipite toujours ton eau jaune de sable !
Que t’importe le temps, ô mer intarissable ?
Un siècle est comme un flot dans ton gouffre éternel.

Engloutis cet écueil ! que ta vague l’efface
Et sur son front perdu toujours passe et repasse !
Que l’algue aux verts cheveux dégrade ses contours !
Que, sur son flanc couché, dans ton lit sombre il dorme !
Qu’on n’y distingue plus sa forteresse informe !
Que chaque flot emporte une pierre à ses tours !

Afin que rien n’en reste au monde, et qu’on respire
De ne plus voir la tour d’Ali, pacha d’Epire ;
Et qu’un jour, côtoyant les bords qu’Ali souilla,
Si le marin de Cos dans la mer ténébreuse
Voit un grand tourbillon dont le centre se creuse,
Aux passagers muets il dise : C’était là !

Le 26 novembre 1828.

Victor Hugo (1802-1885)

Recueil : Les orientales (1829).

 

SOURCES:


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LES POÈTES DE LA RÉCRÉ N°1 : Victor Hugo – Guy de Maupassant

LE BLOG
DE TOM ET DOUCE

Elles existent encore, dans mes vieux rêves, ces cours de récréation où les enfants déclamaient avec éloquence, et chacun leur tour, des poèmes appris l’heure d’avant…
Des poèmes courts souvent faciles à retenir que
TOM ET DOUCE vous feront revivre de temps en temps histoire de vous dire qu’il n’est pas encore venu le temps des poètes disparus… Écoutez les ..!

 

L’AUTOMNE

L’aube est moins claire, l’air moins chaud, le ciel moins pur
Les longs jours sont passés ; les mois charmants finissent.
Hélas ! voici déjà les arbres qui jaunissent !
L’automne est triste avec sa bise et son brouillard,
Et l’été qui s’enfuit est un ami qui part.

 VICTOR HUGO

 

LA CHANSON DU RAYON DE LUNE

Sais-tu d’où je viens ? Regarde là-haut.
Ma mère est brillante, et la nuit est brune.
Je rampe sous l’arbre et glisse sur l’eau ;
Je m’étends sur l’herbe et cours sur la dune ;
Je grimpe au mur noir, au tronc du bouleau,
Comme un maraudeur qui cherche fortune.
Je n’ai jamais froid ; je n’ai jamais chaud.

GUY DE MAUPASSANT

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