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MAYA LACRUCHE : La vieille dame au restaurant

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Les Points de vue de :
MAYA LACRUCHE

« ça fait du bien de vider sa cruche dans :
« LE BRUIT DE LA RUCHE » aujourd’hui « La vieille dame au restaurant »

La vieille dame au restaurant

Cette Histoire certifiée authentique se passe dans le restaurant d’un grand magasin lausannois. Restaurant-cafétéria.

 

Une vieille dame s’arrête un soir dans un restaurant.

Elle va au self et prend une soupe chaude, puis va s’asseoir toute seule à une table.

Elle se rend compte qu’elle a oublié de prendre du sel.

Elle se lève, erre un peu dans le restaurant avant d’en trouver, et retourne à sa table.
Mais en revenant, elle y trouve un noir assis, qui plonge sa cuillère dans le bol de soupe et la mange lentement.

– « Oh! Il a du culot ce noir! pense la bravedame.
Je lui apprendrais bien les bonnes manières »

Mais elle s’assied sur le côté de la table, et charitablement le laisse manger un peu de sa soupe. Tirant un peu le bol à elle, elle plonge sa cuillère elle aussi,cherchant à partager au moins cette soupe avec lui.

Le noir retire doucement le bol vers lui, et continue de manger.

La dame se remet à le tirer légèrement vers elle, pour pouvoir y avoir accès…..
Et ils finissent la soupe ainsi.

Alors le noir se lève, lui fait signe de patienter, et revient avec une portion de frites énorme, qu’il partage avec elle, comme la soupe.

Enfin ils se saluent, et la dame part aux toilettes. Mais quand elle revient, elle veut prendre son sac pour partir, et découvre qu’il n’est plus au pied de sa chaise.


-« Ah! J’aurais bien dû me méfier de ce noir! ».

– Elle hurle dans tout le restaurant, criant
au voleur, jusqu’à ce que finalement on
retrouve son sac, posé au pied d’une table
où repose un bol de soupe refroidie …

SON bol auquel personne n’a touché.
C’était elle qui s’était trompée de table
et avait partagé le repas de l’homme!

« Le cœur de l’homme est son paradis
ou son enfer. »
Jean-Jacques RousseauSource :
Lova Golovtchiner

Publié dans « Sentinelles » no 59, avril 1986
et no 177, décembre 2004


MAYA LACRUCHE

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LILI LABAFOUILLE : la lettre au fil du temps


LE  BLOG DE LILI LABAFOUILLE

 

Nous confions cette nouvelle série sur :
« Les lettres au fil du temps » 
à Lili Labafouille car comme son nom l’indique elle n’en est pas à sa première bafouille.
Au delà de la présentation générale de ce jour, Lili prenant pour support les timbres de cette série publiée en 1998 viendra nous commenter de façon plus détaillée les étapes de nos lettres au fil du temps.


Présentation générale

Ayant connu déluge et décrue, Noé lâcha la colombe hors de l’arche et cette messagère, le soir venu, revint porteuse d’un rameau d’olivier tout frais, preuve que la terre n’était plus engloutie sous les eaux.
Ce premier message fut bien un extraordinaire témoignage de communication. L’ information était d’extrême importance. Et ce besoin de communiquer se retrouva ensuite sous bien des latitudes, en de nombreuses occasions.

N° Yvert & Tellier 3151 Date de vente 11/05/1998 Auteur Galeron, Henri Metteur en page Durand-Mégret, Michel

Songeons aux Égyptiens qui, avec régularité, écrivaient aux morts. Ces correspondances avec leurs proches se faisaient sur du tissu, des vases contenant une offrande funéraire ou sur un papyrus accolé à l’effigie du destinataire. Lettres portant une adresse et quelquefois des formules épistolaires conventionnelles.

Songeons aussi à ce valeureux soldat qui, pour porter la nouvelle de la victoire jusqu’à Athènes, courut pendant plus de 42 km. L’information était de taille et pouvait mériter quelque souffrance. Si Pétrarque, Pline le Jeune, Gicéron ou Sénèque avaient très largement utilisé ce mode de communication pour évoquer, parfois quotidiennement, leurs expériences ou le fruit de leurs méditations, les lettres des chevaliers à leur dame furent magistrales de délicatesse et de courtoisie.

Ces messagères surent abolir éloignement et temps. Combien salvatrices et douces semblaient alors les nombreuses lectures de ces papiers scellés !
Héloïse et Abélard séparés ne purent-ils ainsi trouver paix et réconfort dans ces échanges sans cesse renouvelés ?

Qu’elles fussent Lettres à Sophie Volland, écrites jour après jour par Diderot pour lui parler de ses conceptions de la vie, ou Lettres anglaises de Voltaire, volontairement audacieuses et satiriques, elles reflètent leur temps tout comme Les Lettres à une inconnue de Mérimée sont le témoin d’une extrême solitude.


Réflexions personnelles, spirituelles ou politiques, récits de faits divers, épisodes historiques ou portraits, éloges à des grands ou correspondance filiale, toutes ces lettres qui ont su être les précieux témoins de l’évolution humaine seront les merveilleuses amies qui toujours nous accompagneront.

SOURCE :
présentation générale (c) Jane Champeyrache
http://www.phil-ouest.com/Timbre.php?Nom_timbre=JdL_colombe_AA18_1998
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Lili LABAFOUILLE

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J’ VA VOUS LA RACONTER : Les étrennes de la concierge.


LE BLOG A NOUS

J’ VA VOUS LA
RACONTER….

Mais venez pas pleurer après..!

« M’dame Michu !
— Quoi ?
— Je vous la souhaite bonne et heureuse ! »

Bonne et sainte année 2013 ! histoire d'un jeune garçonLa concierge se retourne, bourrue comme toujours, et se trouve en face de Jean Larcher, douze ans, la taille bien prise dans son sweater de laine blanche, l’œil légèrement coquin sous la chevelure embroussaillée, et qui la regarde en souriant.

« Bonne et heureuse… bonne et heureuse… C’est vite dit.

— Dame, vous savez, M’dame Michu, c’est tout ce que je peux vous offrir comme étrennes moi… J’ai pas d’sous.
— Je ne t’en demande pas non plus… Seulement, tu me dis que tu me souhaites une bonne et heureuse année… alors, ça me fait pitié, quoi ! »

Et la vieille femme retourne à son fourneau, plus grognon que jamais.

Si vous croyez que c’est ça qui va décourager l’ami Jean, vous vous trompez. On est un Cœur Vaillant ou on ne l’est pas. Et lui, Jean, en est un, et un fameux !

« Ça va donc pas c’matin, M’dame Michu ?
— C’matin ?… c’matin ?… pas plus c’matin que les aut’matins, les aut’jours, et les aut’nuits… Comment veux-tu que ça aille ?
— Pourtant, un jour comme aujourd’hui…
— Ben quoi ? Qu’est-ce qu’il a ce jour-là ?
— Il a qu’il est le jour de l’an… que c’est un jour à mandarines et à crottes de chocolat… un jour ousqu’on s’embrasse et où qu’il faut pas faire la tête.
— Pas faire la tête ?… Je voudrais bien savoir celle que tu ferais, toi, si t’étais à ma place… Regarde-moi un peu !
— J’vous regarde, M’dame Michu.
— Oui, et tu te dis que tu ne regardes qu’une vieille bête…
— Oh ! non… pas vieille… Enfin, j’veux dire que…
— En tout cas, tu vois la femme la plus malheureuse qui existe. »

Et la voilà qui mène Jean devant la commode, au-dessus de laquelle elle lui montre des photographies :

« Tu vois, là, c’est mon mari… Mort à la peine… s’est tué au travail… Là, c’est mon garçon, mon petit Marc… il serait grand à présent ; je l’ai perdu quand il avait ton âge une sale méningite me l’a enlevé ; il était comme toi : le même sourire, la même allure… Ah ! mon Dieu… Ici, sa petite sœur, morte à six ans… Tu entends ? à six ans… Si c’est pas une pitié !

— …

Récit d'un garçon qui comprend une vielle dame malheureuse— Et tout à l’heure, tu disais qu’aujourd’hui c’est un jour où on s’embrasse ?… J’voudrais bien savoir qui m’embrassera, moi, aujourd’hui ?… Autrefois, oui, mes deux petits me sautaient au cou ce jour-là… Et Maman par-ci, et Maman par-là… Moi, je leur donnais leurs petites étrennes… Et ils étaient heureux, fallait voir… Aujourd’hui, je vais être toute seule…

— Pauv’Mâme Michu !
— Ah ! j’comprends que tu sois heureux, toi… et que tu le guettes, le jour de l’an !
— Oh ! vous savez, chez nous, on n’est pas riche, et faut pas croire qu’on va me donner tant de choses.
— S’agit pas de choses… Mais tu vas câliner ton papa, ta maman, ton grand frère… Seulement, attends un peu : ça durera peut-être pas toujours. La maladie peut venir, tu sais… Et puis, si tu lisais les journaux, tu verrais qu’on parle encore de guerre… Ton grand frère aurait l’âge, cette fois…
— Oh ! M’dame ! »

Jean s’est reculé d’un pas ; ses grands yeux clairs sont pleins de larmes. La concierge, un peu honteuse tout de même de ce qu’elle vient de dire, voudrait se rattraper… Elle a dit ça comme ça… C’sont des mots qu’on dit quand on a le cafard… des choses qui vous viennent brusquement les jours où on a trop de peine…

« Tu vois, t’aurais mieux fait de pas venir… Le bonheur des autres, vlà que ça me rend méchante à c’t’heure. »

Jean regarde toujours la mère Michu… Faut-il qu’elle en ait de la peine, tout de même, cette pauvre vieille, pour dire des choses pareilles ! C’est vrai que ça va être bien dur aussi de rester seule, toute la journée, au fond de sa loge, tandis qu’elle entendra au-dessus de sa tête les allées et venues des autres familles qui seront tout à la joie.

« M’dame Michu, pourquoi que vous ne parlez jamais de ça au Bon Dieu ? »

La concierge hausse les épaules. Le Bon Dieu ? Il n’avait qu’à lui laisser ses enfants ; elle n’en demandait pas plus…

Jean comprend que ce n’est pas le moment de discuter… Faudrait trouver autre chose…

« M’dame Michu ?
— Quoi ?
— Tout à l’heure, vous disiez… Enfin, c’est vrai que je ressemble à votre petit Marc qui est mort ? »

Voeux de bonheur - Vieille femme et garçonnetLa vieille femme fait oui de la tête.

« Alors, je voudrais… mais je ne sais pas si ça vous plaira… je voudrais vous embrasser de sa part, comme il faisait autrefois, au jour de l’an… Vous voulez bien ? »

Et, sans attendre la réponse, Jean s’est avancé et, levé sur la pointe des pieds, il baise le vieux front ridé…

Les boucles brunes du petit se mêlent aux vieilles mèches toutes grises.

« Voilà, M’dame Michu, c’est de la part de Marc… Comme ça, vous ne pourrez pas dire que personne ne vous a embrassée aujourd’hui. »

Et il s’est sauvé bien vite, parce que les yeux lui piquaient drôlement… Il a bien entendu la concierge qui disait, d’une voix drôle, toute changée

« Mon petit Jean… mon petit Jean… »
…Mais il était déjà au deuxième étage.

Mais quelqu’un qui a été bien étonné, trois jours plus tard, c’est Monsieur l’abbé, qui a reçu à son confessionnal une vieille femme qui n’avait pas communié depuis vingt ans et qui lui a demandé, en sortant, s’il connaissait Jean Larcher.

« Mais oui, Madame. Il vient à mon patronage.
— Eh bien ! vous lui direz que je me suis confessée, et que je raconterai dans l’avenir toutes mes peines au Bon Dieu… Ça lui fera plaisir, à Jean.

— Mais, Madame… quel nom donnerai-je ?

— Vous lui direz que c’est de la part du petit Marc… Il comprendra. »

SOURCE : 
https://www.maintenantunehistoire.fr/les-etrennes-de-la-concierge/
Pierre Rougemont.    

BONUS POUR MAMY ET SES AMIS
SOUVENIRS SOUVENIRS :

« LES MAITRES DU MYSTÈRE « 

Durée : 47 minutes

J’ VA VOUS LA
RACONTER….
  

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