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CHOU VERT lit la marquise de Grignan

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LE BLOG NOTE
DE CHOU VERT

 

PAPY EUSTACHE
est un bibliophile
libertin..!

Vous les potes âgés qui lisez la Chouette et écoutez France infos comme des auditeurs fidèles, vous vous dites PAPY EUSTACHE, il fait comme nous tous ……
Pas du tout …! PAPY EUSTACHE lui;  il fait des recherches historiques dans les livres anciens …..
Il faut le voir, son petit livre à la main, faire lecture libertine aux dames des potes âgés … (Pour ma part … je pique ses appareils auditifs à ma Germaine..)

La Chouette  lui en ai piqué un …..
Elle a reconnu qu’il
savait  trouver des textes ou des poésies du temps où l’on savait écrire coquin sans être vulgaire.
Elle a décidé de partager celui-ci , écrit en 1660..
C’est un classique, mais on ne s’en lasse pas.
..!


– NON GERMAINE .. Personne n’a vu vos lunettes…???

 Poésie de la Marquise de Grignan, fille de Mme de Sévigné

 Ah ! vous dirais-je Maman
A quoi nous passons le temps
Avec mon cousin Eugène ?
Sachez que ce phénomène
Nous a inventé un jeu
Auquel nous jouons tous les deux.

Il m’emmène dans le bois
Et me dit: « déshabille-toi « .
Quand je suis nue tout entière,
Il me fait coucher par terre,
Et de peur que je n’aie froid
Il vient se coucher sur moi.

Puis il me dit d’un ton doux :
« Écarte bien tes genoux »
Et la chose va vous faire rire
Il embrasse ma tirelire
Oh ! vous conviendrez Maman
Qu’il a des idées vraiment !

Puis il sort, je ne sais d’où
Un petit animal très doux,
Une espèce de rat sans pattes
Qu’il me donne et que je flatte.
Oh ! le joli petit rat !
D’ailleurs, il vous le montrera.

Et c’est juste à ce moment
Que le jeu commence vraiment.
Eugène prend sa petite bête
Et la fourre dans une cachette
Qu’il a trouvée, le farceur,
Où vous situez mon honneur.

Mais ce petit rat curieux,
Très souvent devient furieux.
Voilà qu’il sort et qu’il rentre
Et qu’il me court dans le ventre.
Mon cousin a bien du mal
A calmer son animal.

Complètement essoufflé,
Il essaye de le rattraper.
Moi je ris à perdre haleine
Devant les efforts d’Eugène.
Si vous étiez là, Maman
Vous ririez pareillement.

Au bout de quelques instants
Le petit rat sort en pleurant.
Alors Eugène qui a la tremblote
Le remet dans sa redingote.
Et puis tous deux, nous rentrons
Sagement à la maison.

Mon cousin est merveilleux
Il connait des tas de jeux
Demain soir, sur la carpette
Il doit m’apprendre la levrette
Si vraiment c’est amusant
Je vous l’apprendrai en rentrant.

Voici ma chère Maman
Comment je passe mon temps.
Vous voyez je suis très sage.
Je fuis tous les bavardages
Et j’écoute vos leçons :
Je ne parle pas aux garçons.

 

– Waoouhhh un texte comme ça moi je le « like »  et je le partage avec mon Eugène…..  Il lui reste des choses à apprendre à son rat « musclé »

barre verte Parlons plutôt de son « raton baveur »

 

CHOU VERT

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FABLES: Le Pot de terre et le Pot de fer

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LE CHOURISTEEsope a écrit un texte très court, « Les Pots», que La Fontaine a eu tout loisir d’amplifier et de travailler selon son génie.
Il utilise ici l’heptasyllabe (mêlé à l’alexandrin dans la dernière partie de la fable), ce qui confère à celle-ci un caractère sautillant.
Collinet établit une comparaison entre le texte ci-dessous et le passage de l’Ecclésiastique, XIII, 2-3 « N’entrez point en société avec un plus riche que vous.
Quelle union peut-il y avoir entre un pot de terre et un pot de fer ?

Car lorsqu’ ils se heurteront l’un contre l’autre, celui de terre sera brisé. » Mais le thème du récit a été repris et amplifié par bien d’autres auteurs, certains ayant pourvu le pot de terre de plus de prudence – et donc d’une plus longue vie – que chez La Fontaine.

Le Pot de terre et le Pot de fer

Le Pot de fer proposa
Au Pot de terre un voyage.
Celui-ci s’en excusa,
Disant qu’il ferait que sage
De garder le coin du feu :
Car il lui fallait si peu,
Si peu, que la moindre chose
De son débris serait cause :
Il n’en reviendrait morceau.
« Pour vous, dit-il, dont la peau
Est plus dure que la mienne,
Je ne vois rien qui vous tienne.
– Nous vous mettrons à couvert,
Repartit le Pot de fer :
Si quelque matière dure
Vous menace, d’aventure,
Entre deux je passerai,
Et du coup vous sauverai. »
Cette offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses côtés.
Mes gens s’en vont à trois pieds,
Clopin-clopant, comme ils peuvent,
L’un contre l’autre jetés
Au moindre hoquet qu’ils trouvent.
Le Pot de terre en souffre ; il n’eut pas fait cent pas
Que par son compagnon il fut mis en éclats,
Sans qu’il eût lieu de se plaindre.
Ne nous associons qu’avecque nos égaux ;
Ou bien il nous faudra craindre
Le destin d’un de ces pots.

Ce que ferait un sage ; il ferait sagement. Locution archaïque.

De son débris: Action de se casser..

Il n’en reviendrait morceau: Pas le moindre morceau.

Qui vous tienne: qui vous retienne.

Entre deux: Entre vous deux.

A trois pieds: Comme les marmites qui avaient trois pieds.

CHOU FLEUR

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POESIE : La Colère de Samson – Alfred de Vigny

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pour les amoureux de la littératureVos poèmes, vos poèmes préférés – Les livres à nous signaler, vos impressions sur ceux que vous avez lus, et que vous voulez nous conseiller….

Pensez à nos potes âgés qui n’ont pas de jardin et cultivent leur esprit…!

La colère de Samson – Alfred de Vigny

« Vous trouverez dans cette publication le poème d’Alfred de Vigny écrit dans les Destinées ce poème intitulé « La Colère de Samson » qui illustre bien l’idée de la perfidie des femmes. Samson et Dalila Guerchin (1591-1666)(dit), Barbieri Giovanni Francesco
Œuvre empreinte du ressentiment de l’amant orgueilleux et bafoué — Vigny vient de rompre avec Marie Dorval —, comme en témoigne la première personne du pluriel au dernier quatrain, le poème condense le récit biblique pour se centrer sur la trahison, pour Vigny emblématique d’une lutte sans merci que se livrent « la bonté d’Homme » et « la ruse de Femme ».

La bêtise de Samson qui transparaît dans le récit biblique est ici gommée au profit de sa grandeur d’âme : Samson fait de son dernier aveu un choix librement consenti et suicidaire — ce qui aurait été inadmissible dans la Bible pour un élu de Dieu —, pour préserver sa liberté digne d’Homme dans la mort.

Il ne cède pas par faiblesse aux fourbes cajoleries de la femme, mais c’est en toute lucidité qu’il voit sa dépendance comme une fatalité inscrite en l’homme dès la petite enfance et décide d’y mettre un terme.
Tout son comportement est excusé par la fatalité : les hommes sont physiquement dépendants des femmes et il leur est impossible de vivre sans elles, même si elles sont fondamentalement mauvaises et perverties.
Le poète fait de Samson trahi par Dalila un martyr de la « cause masculine »….
ET TOC…. BIEN DIT….

La Colère de Samson, in Les destinées, A. de Vigny, publié à titre posthume en 1864, Bibliothèque de La Pléiade, Gallimard, p. 140-142.

 La Colère de Samson

Le désert est muet, la tente est solitaire.
Quel Pasteur courageux la dressa sur la terre
Du sable et des lions ? — La nuit n’a pas calmé
La fournaise du jour dont l’air est enflammé.

Un vent léger s’élève à l’horizon et ride
Les flots de la poussière ainsi qu’un lac limpide.
Le lin blanc de la tente est bercé mollement ;
L’œuf d’autruche allumé veille paisiblement,

Les voyageurs voilés intérieure étoile,
Et jette longuement deux ombres sur la toile.
L’une est grande et superbe, et l’autre est à ses pieds :
C’est Dalila, l’esclave, et ses bras sont liés

Aux genoux réunis du maître jeune et grave
Dont la force divine obéit à l’esclave.
Comme un doux léopard elle est souple, et répand
Ses cheveux dénoués aux pieds de son amant.

Ses grands yeux, entr’ouverts comme s’ouvre l’amande,
Sont brûlants du plaisir que son regard demande,
Et jettent, par éclats, leurs mobiles lueurs.
Ses bras fins tout mouillés de tièdes sueurs,

Ses pieds voluptueux qui sont croisés sous elle,
Ses flancs plus élancés que ceux de la gazelle,
Pressés de bracelets, d’anneaux, de boucles d’or,
Sont bruns ; et, comme il sied aux filles de Hatsor,

Ses deux seins, tout chargés d’amulettes anciennes,
Sont chastement pressés d’étoffes syriennes.
Les genoux de Samson fortement sont unis
Comme les deux genoux du colosse Anubis.

Elle s’endort sans force et riante et bercée
Par la puissante main sous sa tête placée.
Lui, murmure ce chant funèbre et douloureux
Prononcé dans la gorge avec des mots Hébreux.

Elle ne comprend pas la parole étrangère,
Mais le chant verse un somme en sa tête légère.
Une lutte éternelle en tout temps, en tout lieu,
Se livre sur la terre, en présence de Dieu,

Entre la bonté d’Homme et la ruse de Femme.
Car la Femme est un être impur de corps et d’âme.
L’Homme a toujours besoin de caresse et d’amour,
Sa mère l’en abreuve alors qu’il vient au jour,

Et ce bras le premier l’engourdit, le balance
Et lui donne un désir d’amour et d’indolence.
Troublé dans l’action, troublé dans le dessein,
Il rêvera partout à la chaleur du sein,

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Aux chansons de la nuit, aux baisers de l’aurore,
A la lèvre de feu que sa lèvre dévore,
Aux cheveux dénoués qui roulent sur son front,
Et les regrets du lit, en marchant, le suivront.

Il ira dans la ville, et là les vierges folles
Le prendront dans leurs lacs aux premières paroles.
Plus fort il sera né, mieux il sera vaincu,
Car plus le fleuve est grand et plus il est ému.

Quand le combat que Dieu fit pour la créature
Et contre son semblable et contre la Nature
Force l’Homme à chercher un sein où reposer,
Quand ses yeux sont en pleurs, il lui faut un baiser.

Mais il n’a pas encor fini toute sa tâche.
Vient un autre combat plus secret, traître et lâche ;
Sous son bras, sous son cœur se livre celui-là,
Et plus ou moins la Femme est toujours Dalila.

En 1829, Alfred de Vigny, poète renommé, et Marie Dorval, comédienne vedette du théâtre romantique, se rencontrent. L'été 1831, alors que la seconde doit jouer la pièce du premier, La Maréchale d'Ancre, ils deviennent amants. Le poète installe sa muse dans un appartement de la rue Montaigne, où ils se retrouvent avec passion. Peu à peu, celle-ci s'éteindra, mais les amants restent attachés l'un à l'autre. En 1838, après de violentes disputes, ils se séparent. Vigny est extrêmement jaloux, au point de faire suivre sa Elle rit et triomphe ; en sa froideur savante,
Au milieu de ses sœurs elle attend et se vante
De ne rien éprouver des atteintes du feu.
A sa plus belle amie elle en a fait l’aveu :

Elle se fait aimer sans aimer elle-même.
Un Maître lui fait peur. C’est le plaisir qu’elle aime,
L’Homme est rude et le prend sans savoir le donner.
Un sacrifice illustre et fait pour étonner

Rehausse mieux que l’or, aux yeux de ses pareilles,
La beauté qui produit tant d’étranges merveilles
Et d’un sang précieux sait arroser ses pas.
 » Donc ce que j’ai voulu, Seigneur, n’existe pas. —

Celle à qui va l’amour et de qui vient la vie,
Celle-là, par Orgueil, se fait notre ennemie.
La Femme est, à présent, pire que dans ces temps
Où, voyant les Humains, Dieu dit :  » Je me repens !  »

Bientôt, se retirant dans un hideux royaume,
La Femme aura Gomorrhe et l’Homme aura Sodôme,
Et, se jetant, de loin, un regard irrité,
Les deux sexes mourront chacun de son côté.

« Éternel ! Dieu des forts ! vous savez que mon âme
N’avait pour aliment que l’amour d’une femme,
Puisant dans l’amour seul plus de sainte vigueur
Que mes cheveux divins n’en donnaient à mon cœur.

— Jugez-nous. — La voilà sur mes pieds endormie.
Trois fois elle a vendu mes secrets et ma vie,
Et trois fois a versé des pleurs fallacieux
Qui n’ont pu me cacher la rage de ses yeux ;

Honteuse qu’elle était plus encor qu’étonnée
De se voir découverte ensemble et pardonnée.
Car la Bonté de l’Homme est forte et sa douceur
Écrase, en l’absolvant, l’être faible et menteur.

Mais enfin je suis las. — J’ai l’âme si pesante,
Que mon corps gigantesque et ma tête puissante
Qui soutiennent le poids des colonnes d’airain
Ne la peuvent porter avec tout son chagrin.

Toujours voir serpenter la vipère dorée
Qui se traîne en sa fange et s’y croit ignorée ;
Toujours ce compagnon dont le cœur n’est pas sûr,
La Femme, enfant malade et douze fois impur !

Toujours mettre sa force à garder sa colère
Dans son cœur offensé, comme en un sanctuaire
D’où le feu s’échappant irait tout dévorer ;
Interdire à ses yeux de voir ou de pleurer,

C’est trop ! — Dieu s’il le veut peut balayer ma cendre.
J’ai donné mon secret ; Dalila va le vendre.
— Qu’ils seront beaux, les pieds de celui qui viendra
Pour m’annoncer la mort ! — Ce qui sera sera ! »

 Aveuglement de Samson, Rembrandt, 1636, huile sur toile, 236x306 cm.

Il dit et s’endormit près d’elle jusqu’à l’heure
Où les guerriers tremblants d’être dans sa demeure,
Payant au poids de l’or chacun de ses cheveux,
Attachèrent ses mains et brûlèrent ses yeux,Le traînèrent sanglant et chargé d’une chaîne
Que douze grands taureaux ne tiraient qu’avec peine,
Le placèrent debout, silencieusement,
Devant Dagon leur Dieu qui gémit sourdement

Et deux fois, en tournant, recula sur sa base
Et fit pâlir deux fois ses prêtres en extase ;
Allumèrent l’encens ; dressèrent un festin
Dont le bruit s’entendait du mont le plus lointain,

Et près de la génisse aux pieds du Dieu tuée
Placèrent Dalila, pâle prostituée,
Couronnée, adorée et reine du repas,
Mais tremblante et disant : il ne me verra pas !

Terre et Ciel ! avez-vous tressailli d’allégresse
Lorsque vous avez vu la menteuse maîtresse
Suivre d’un œil hagard les yeux tachés de sang
Qui cherchaient le soleil d’un regard impuissant,

Un jour rassemblés dans leur temple pour offrir un grand sacrifice à Dagôn, leur dieu, ils font venir Samson aveugle pour les divertir. Samson demande à son jeune guide de le conduire vers les piliers de soutien de l’édifice et il fait une prière.

Et quand enfin Samson, secouant les colonnes
Qui faisaient le soutien des immenses Pylônes,
Ecrasa d’un seul coup sous les débris mortels
Ses trois mille ennemis, leurs Dieux et leurs autels ?

Terre et Ciel ! punissez par de telles justices
La trahison ourdie en des amours factices
Et le délation du secret de nos cœurs
Arraché dans nos bras par des baisers menteurs !

Ecrit à Shavington, Angleterre, 7 avril 1839.

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