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FABLES : L’Enfant et le Maitre d’École

Vos poèmes, vos poèmes préférés

– Les livres à nous signaler, vos impressions sur ceux que vous avez lus, et que vous voulez nous conseiller….

Pensez à nos potes âgés qui n’ont pas de jardin et cultivent leur esprit…!

L’ENFANT ET LE MAÎTRE D’ÉCOLE.

Lecture : René Depasse   Illustration : Gustave Doré
Source audio : www.litteratureaudio.com

L’ENFANT ET LE MAÎTRE D’ÉCOLE. (*)

Dans ce récit je prétends faire voir
D’un certain Sot la remontrance vaine.
Un jeune Enfant dans l’eau se laissa choir,
En badinant (1) sur les bords de la Seine.
Le Ciel permit qu’un saule se trouva
Dont le branchage, après Dieu, le sauva.
S’étant pris, dis-je, aux branches de ce saule,
Par cet endroit passe un Maître d’école ;
L’enfant lui crie : Au secours, je péris.
Le Magister (2), se tournant à ses cris,
D’un ton fort grave à contretemps s’avise
De le tancer (3) : Ah  le petit Babouin (4) !
Voyez, dit-il, où l’a mis sa sottise !
Et puis, prenez de tels fripons le soin.
Que les parents sont malheureux, qu’il faille
Toujours veiller à semblable canaille (5) !
Qu’ils ont de maux ! et que je plains leur sort !
Ayant tout dit, il mit l’Enfant à bord (6).
Je blâme ici plus de gens qu’on ne pense.
Tout babillard, tout censeur (7), tout pédant (8),
Se peut connaître au discours que j’avance :
Chacun des trois fait un peuple fort grand ;
Le Créateur en a béni l’engeance (9).
En toute affaire ils ne font que songer
Aux moyens d’exercer leur langue.
Hé mon ami, tire-moi de danger ;
Tu feras après ta harangue.

(*) Sources : (d’après G. Couton : Fables)
« L’enfant qui se baigne », fable d’Ésope
qui aurait pu servir de source ne figurait pas dans les recueils de l’époque auxquels on fait référence habituellement…Peut-être vient-elle d’une des éditions d’Ésope de ce temps ?
On pense aussi à une transposition de la fable d’Abstemius ou de Faerne ou de Verdizotti, où les acteurs sont un loup et un renard. Peut-être encore dans « Gargantua »,
de Rabelais (I,42), la scène où frère Jean pendu à une branche par la visière de son casque…
La source commune est certainement un apologue antique…
(1) en jouant
(2) maître d’école de village, qui enseigne à lire aux jeunes
paysans (dict. de Furetière)
(3) gronder
(4) garnement, enfant qui mérite des réprimandes (dict. du
français classique : XVIIème)
(5) péjoratif : jeune enfant (source id. 4)
(6) il le tira de l’eau
(7) celui qui reprend, qui critique avec malveillance( souce id. 4)
(8) maître d’école, précepteur (source id. 4)
(9) l’a fait prospérer et multiplier

SOURCE: SITE SUR LA FONTAINE


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RETRO :
C’est du même tabac…..

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ALLEZ MAMY RACONTE : Les rats quittent le navire


Logo allez mamy raconte été
ALLEZ MAMY…! RACONTE….! est une série pour les petits et les grands enfants..!

Tout cet été dans la Chouette, ma Mamy se transformera en conteuse de bord de mer….ou d’Arrière pays….
Préparez les esquimaux glacés…..
Pour les autres ….??
Ceux qui ne partent pas en vacances faute de moyens ou de forces pour assumer le voyage….

Ben..! Faisons les rêvez…..!

AUJOURD’HUI C’EST :

Les rats quittent le navire

logo mamy turlututu smallMes chers enfants moi aussi j’avais une grand mère qui, se plaisait à me parler d’histoires qui m’aidaient à mieux me connaitre ou à découvrir le monde ..

je me rappelle du jour où elle m’a raconté :

L’ORIGINE DE L’EXPRESSION
LES RATS QUITTENT LE NAVIRE…

ÉCOUTEZ ….. Je vais vous l’expliquer à mon tour

ALLEZ.. Mamy.. EXPLIQUE..!

 

– Tu n’es pas tout seul mon petit Jonas …
tes frères et sœurs attendent gentiment que je raconte….

VOICI :
Quand la mer est grosse, que le navire tangue dangereusement et que le capitaine est en difficulté, l’équipage, habituellement, fait front et mobilise toutes ses forces pour sauver le navire et sa propre vie. Mais les rats, eux, quittent le navire au plus vite.

– Qu’est ce que cela signifie Mamy?

– BEN, c’est chacun pour soi (…car le situation est désespérée.
Cette expression, on le sait, est utilisée aujourd’hui pour décrire une situation où une ou plusieurs personnes se désengagent d’une situation par manque de courage ou d’intérêt personnel.
Mais elle n’a pas toujours été utilisée de cette manière…

logo jonas été– Alors, c’est quoi à l’origine..?

– Il faut dire pour être précis que l’origine de cette expression date d’avant que nos satellites ne puissent nous fournir une prévision météo fiable.

Par exemple les marins au Moyen-Âge n’avaient aucune idée du genre de temps qu’ils allaient devoir affronter….


À l’époque donc , il était impossible de prévoir le temps qu’il allait faire et encore moins si l’on prenait la mer.

Mais, quelquefois, avant qu’un bateau ne largue les amarres, tous les rats présents sur le navire le fuyaient.

C’était le présage d’une tempête à venir.


logo mamy turlututu small– MAMY TU AS CONNU DANS TA VIE DES
MOMENTS OU DES RATS ONT QUITTÉ LE NAVIRE EN TE LAISSANT TOUTE SEULE A BORD

Pas moi mon petit…!
Mais les grands parents de votre Papy expliquaient avoir vécu une telle situation
en 1870…

– T’étais petite à cette date là..?

– Euh… Non J étais pas née et votre Papy non plus

LE CHOURISTE

Mes grands parents m’ont expliqué qu’en septembre 1870, les parisiens huppés avaient pris  la direction de Saint-Germain et de Versailles au moment du siège de PARIS par les prussiens…
Ceux qui restaient disaient les rats quittent le navire… C’est des franc fileurs!

Les rats quittent le navire :

LES FRANC-FILEURS
(Ceux qui ont filé à l’étranger lors de l’invasion de 1870)

Au début du siège de Paris ( 17 septembre 1870), les riches bourgeois parisiens ont fermé leurs résidences, congédié le petit personnel sans préavis, chargé meubles, objets d’art et l’argenterie dans leurs somptueuse voiture. Les cochers ont été les épargnés de ces licenciements économiques.

Cette émigration, prend d’énormes proportions, de ceux qui veulent se soustraire aux obligations civiques de la guerre qui dure depuis un mois ! Le nombre de ceux que l’on a appelé les franc-fileurs est chiffré à plus de 500 000 exilés.

Les ponts sur la Seine ayant été dynamités pour stopper l’avance prussienne, c’est à Conflans-Sainte-Honorine aux confluent de la Seine et de l’Oise, que nos courageux déserteurs, empruntent le bac qui va les conduire sur la rive droite. Les destinations principales sont Versailles et Saint-Germain en Laye et Montmorency, et la ligne du Nord qui conduit en Belgique.

La fuite des poltrons et leur stationnement dans le petit bourg, est une aubaine pour les habitants du petit hameau de Conflans et de son église qui renferme les reliques de Sainte-Honorine.

– Pour rigoler Mamy….

Tu as des chansons de pirates et de marins dans tes vieux CD

– j’ai mieux… Vilain petit canard moqueur…

Jarrod Radnich – Virtuosic Piano Solo –
Pirates des Caraïbes

Attraction Pirates des Caraibes
– Disneyland Paris HD

SOURCES :
www.linternaute .com
http://autourduperetanguy.blogspirit.com/ Par Bernard Vassor

logo mamy raconte aux pitchousALLEZ MAMY RACONTE…!
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RETRO : C’est une récap des histoires déjà racontées….

 

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FLONFLON ADORE : les contes du lundi d’A.DAUDET


FLONFLON ADORE ….LIRE
Elle adore les résumés qui font croire aux autres

qu’elle a tout lu..!!!!

En lisant les
CONTES DU LUNDI D’ALPHONSE DAUDET
le devoir de mémoire devient facile car il est mémoire de mioches alsaciens ballotés par les guerres…. Les mots créaient des maux .. indélébiles car ces mioches là en parlent encore assis sur leur petit nuage … enfin bleu blanc rouge..!  »,

Contes du lundi est un recueil de nouvelles en trois parties de l’écrivain français Alphonse Daudet.

Publié en 1873 ils sont inspiré des événements de la guerre franco-prussienne, il dresse des tableaux réalistes de la vie de l’époque :

le peuple de Paris soumis aux privations, les événements de la Commune et la répression des Versaillais.

Alphonse Daudet exalte aussi la tristesse de la perte de l’Alsace-Lorraine à travers « La Dernière Classe », le récit le plus connu de cet ouvrage.

L’Alsace-Lorraine  est le territoire cédé par la France à l’Empire allemand en application du traité de Francfort, signé le après la défaite française.
Au sens strict, l’entité politique qui a été couramment appelée Alsace-Lorraine, et qui portait le nom officiel de Reichsland Elsaß-Lothringen, correspond au territoire de l’Alsace-Moselle, c’est-à-dire aux actuels départements français du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle.
Dans la France entière dès 1871, en mémoire des régions perdues, un grand nombre de rues, avenues, boulevards, places et cours ont été baptisés du nom « d’Alsace-Lorraine »  Sur la place de la Concorde à Paris, la statue représentant la ville de Strasbourg fut fleurie et voilée d’un drap noir jusqu’à l’armistice de 1918.


LA DERNIÈRE CLASSE – RACONTÉE PAR FERNANDEL

La dernière classe
(récit d’un petit Alsacien)
 
Ce matin-là, j’étais très en retard pour aller à
l’école, et j’avais grand-peur d’être grondé, d’autant que M. Hamel nous avait dit qu’il nous interrogerait sur les participes, et je n’en savais pas le premier mot.
Un moment l’idée me vint de manquer la classe et de prendre ma course à

travers champs.

 

Le temps était si chaud, si clair !
On entendait les merles siffler à la lisière du
bois, et dans le pré Rippert, derrière la scierie, les Prussiens qui faisaient l’exercice.
Tout cela me tentait bien plus que la règle des participes; mais j’eus la force de résister, et je courus bien vite vers l’école.
En passant devant la mairie, je vis qu’il y avait du monde arrêté près du petit grillage aux affiches.
Depuis deux ans, c’est de là que nous sont venues toutes les mauvaises nouvelles, les
batailles perdues, les réquisitions, les ordres de la commandature ; et je pensai sans m’arrêter :
« Qu’est-ce qu’il y a encore ? »
Alors, comme je traversais la place en courant, le forgeron Wachter, qui était là avec son
apprenti en train de lire l’affiche, me cria :
« Ne te dépêche pas tant, petit ; tu y arriveras toujours assez tôt à ton école ! »
Je crus qu’il se moquait de moi, et j’entrai tout essoufflé dans la petite cour de M. Hamel.
D’ordinaire, au commencement de la classe, il se faisait un grand tapage qu’on entendait jusque
dans la rue : les pupitres ouverts, fermés, les leçons qu’on répétait très haut tous ensemble en
se bouchant les oreilles pour mieux apprendre, et la grosse règle du maître qui tapait sur les tables :
« Un peu de silence ! »
Je comptais sur tout ce train pour gagner mon banc sans être vu ; mais, justement, ce jour-là,
tout était tranquille, comme un matin de dimanche. Par la fenêtre ouverte, je voyais mes
camarades déjà rangés à leurs places, et M.Hamel, qui passait et repassait avec la terrible
règle en fer sous le bras. Il fallut ouvrir la porte et entrer au milieu de ce grand calme. Vous pensez,si j’étais rouge et si j’avais peur !
Eh bien ! non. M Hamel me regarda sans colère et me dit très doucement :

« Va vite à ta place, mon petit Franz; nous allions commencer sans toi. »

J’enjambai le banc et je m’assis tout de suite à mon pupitre.
Alors seulement, un peu remis de ma frayeur, je remarquai que notre maître avait sa belle redingote verte, son jabot plissé fin et la calotte de soie noire brodée qu’il ne mettait que
les jours d’inspection ou de distribution de prix.

Du reste, toute la classe avait quelque chose d’extraordinaire et de solennel.

Mais ce qui me surprit le plus, ce fut de voir au fond de la salle, sur les bancs qui restaient vides d’habitude, des gens du village assis et silencieux comme nous :

le vieux Hauser avec son tricorne, l’ancien maire l’ancien facteur, et puis d’autres personnes encore.
Tout ce monde-là paraissait triste ; et Hauser avait apporté un vieil abécédaire mangé aux bords qu’il tenait grand ouvert sur ses genoux, avec ses grosses lunettes posées en travers des pages.

Pendant que je m’étonnais de tout cela, M. Hamel était monté dans sa chaire, et de la même voix douce et grave dont il m’avait reçu, il nous dit :

« Mes enfants, c’est la dernière fois que je vous fais la classe. L’ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l’allemand dans les écoles de l’Alsace et de la Lorraine…
Le nouveau maître arrive demain. Aujourd’hui, c’est votre dernière leçon de français.
Je vous prie d’être bien attentifs. »
« Le nouveau maître arrive demain.
Aujourd’hui, c’est votre dernière leçon de français.

Je vous prie d’être bien attentifs. »
Ces quelques paroles me bouleversèrent.
Ah! les misérables, voilà ce qu’ils avaient affiché à la mairie.
Ma dernière leçon de français !…
Et moi qui savais à peine écrire !
Je n’apprendrais donc jamais !
  Il faudrait donc en rester là !… Comme je m’en voulais maintenant du temps perdu, des classes manquées à courir les nids ou à faire des glissades sur la Saar !
Mes livres que tout à l’heure encore je trouvais si ennuyeux, si lourds à porter, ma grammaire, mon histoire sainte me semblaient à présent de vieux amis qui me feraient beaucoup de peine à quitter.
C’est comme M. Hamel. L’idée qu’il allait partir,que je ne le verrais plus, me faisait oublier les
punitions, les coups de règle.
Pauvre homme !
C’est en l’honneur de cette dernière classe qu’il avait mis ses beaux habits du dimanche, et
maintenant je comprenais pourquoi ces vieux du village étaient venus s’asseoir au bout de la salle.
Cela semblait dire qu’ils regrettaient de ne pas y être venus plus souvent, à cette école. C’était
aussi comme une façon de remercier notre maître de ses quarante ans de bons services, et de rendre leurs devoirs à la patrie qui s’en allait…
J’en étais là de mes réflexions, quand j’entendis appeler mon nom.
C’était mon tour de réciter. Que n’aurais-je pas donné pour pouvoir dire tout au long cette fameuse règle des
participes, bien haut, bien clair, sans une faute;
mais je m’embrouillai aux premiers mots, et je
restai debout à me balancer dans mon banc, le
cœur gros, sans oser lever la tête.
J’entendais M.
Hamel qui me parlait :
« Je ne te gronderai pas, mon petit Franz, tu
dois être assez puni… Voilà ce que c’est. Tous les
jours on se dit :
Bah ! j’ai bien le temps. J’apprendrai demain.

Et puis tu vois ce qui arrive…

Ah! ça été le grand malheur de notre Alsace de toujours remettre son instruction à demain.
Maintenant ces gens-là sont en droit de nous dire: Comment ! Vous prétendiez être français, et vous ne savez ni lire ni écrire votre langue!…
Dans tout ça, mon pauvre Franz, ce n’est pas encore toi le plus coupable. Nous avons tous notre bonne part de reproches à nous faire.

« Vos parents n’ont pas assez tenu à vous voir

instruits. Ils aimaient mieux vous envoyer travailler à la terre ou aux filatures pour avoir quelques sous de plus.

Moi-même, n’ai-je rien à  me reprocher ?
Est-ce que je ne vous ai pas

souvent fait arroser mon jardin au lieu de travailler?
Et quand je voulais aller pêcher des truites, est-ce que je me gênais pour vous donner
congé ?… »
Alors, d’une chose à l’autre, M. Hamel se mit à nous parler de la langue française, disant que
c’était la plus belle langue du monde, la plus claire, la plus solide : qu’il fallait la garder entre
nous et ne jamais l’oublier, parce que, quand un peuple tombe esclave, tant qu’il tient bien sa
langue, c’est comme s’il tenait la clef de sa prison – («S’il tient sa langue, –il tient la clé qui de ses chaînes le délivre.» F. Mistral.)
… Puis il prit une grammaire et nous lut
notre leçon. J’étais étonné de voir comme je comprenais.
Tout ce qu’il disait me semblait facile, facile. Je crois aussi que je n’avais jamais si bien écouté et que lui non plus n’avait jamais mis autant de patience à ses explications.
On aurait dit qu’avant de s’en aller le pauvre homme voulait nous donner tout son savoir, nous le faire entrer dans la tête d’un seul coup.
La leçon finie, on passa à l’écriture. Pour ce jour-là, M. Hamel nous avait préparé des exemples tout neufs, sur lesquels était écrit en belle ronde :
France, Alsace, France, Alsace.
Cela faisait comme des petits drapeaux qui flottaient tout autour de la classe, pendus à la
tringle de nos pupitres. Il fallait voir comme chacun s’appliquait, et quel silence !
On n’entendait rien que le grincement des plumes sur le papier. Un moment des hannetons entrèrent ; mais personne n’y fit attention, pas même les tout petits qui s’appliquaient à tracer leurs bâtons avec un cœur, une conscience, comme si cela encore était du français…Sur la toiture de l’école, des pigeons roucoulaient tout bas, et je me disais en les écoutant :
« Est-ce qu’on ne va pas les obliger à chanter en allemand, eux aussi ? »

De temps en temps, quand je levais les yeux de dessus ma page, je voyais M. Hamel immobile ans sa chaire et fixant les objets autour de lui, comme s’il avait voulu emporter dans son regard toute sa petite maison d’école…
Pensez ! depuis quarante ans, il était là à la même place, avec sa cour en face de lui et sa classe toute pareille.
Seulement les bancs, les pupitres s’étaient polis,frottés par l’usage ; les noyers de la cour avaient grandi, et le houblon qu’il avait planté lui-même enguirlandait maintenant les fenêtres jusqu’au toit.
Quel crève-cœur ça devait être pour ce pauvre homme de quitter toutes ces choses, et d’entendre sa sœur qui allait, venait, dans la chambre au-dessus, en train de fermer leurs malles !
Car ils devaient partir le lendemain, s’en aller du pays pour toujours.
Tout de même, il eut le courage de nous faire la classe jusqu’au bout.
Après l’écriture, nous eûmes la leçon d’histoire ; ensuite les petits chantèrent tous ensemble le
BA BE BI BO BU.
Là-bas au fond de la salle, le vieux Hauser avait mis ses lunettes, et, tenant son abécédaire à deux mains, il épelait les lettres avec eux. On voyait qu’il s’appliquait lui aussi; sa voix tremblait
d’émotion, et c’était si drôle de l’entendre, que nous avions tous envie de rire et de pleurer.
Ah !je m’en souviendrai de cette dernière classe…Tout à coup l’horloge de l’église sonna midi, puis l’Angélus.
Au même moment, les trompettes des Prussiens qui revenaient de l’exercice éclatèrent sous nos fenêtres… M. Hamel se leva, tout pâle, dans sa chaire.
Jamais il ne m’avait paru si grand….

« Mes amis, dit-il, mes amis, je… je… »

Mais quelque chose l’étouffait. Il ne pouvait pas achever sa phrase.

Alors il se tourna vers le tableau, prit un morceau de craie et, en appuyant de toutes ses forces, il écrivit aussi gros qu’il put :

« VIVE LA FRANCE ! »

Puis il resta là, la tête appuyée au mur, et, sans parler, avec sa main, il nous faisait signe :

« C’est fini… allez-vous-en. »
 


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 SOURCES :  La Bibliothèque électronique du Québec

ILS L’ONT DIT SUR LE NET

PIERRE : A 86 ans et pour quelques euros avoir « en poche » de quoi retrouver sa bonne humeur…Retrouver du même coup ce qui m’.avait séduit a la première lecture pendant les temps noirs de la dernière guerre….Daudet ! Tu a apaisé jadis angoisses et terreurs…Aujourd’hui le monde est odieux, égoïste, cruel….aprés nous le déluge ? Lisez, relisez Daudet. C’est bon pour le moral !

FRANCK : Quand on pense à Alphonse Daudet , ce sont  » Les Lettres de mon moulin  » et  » Tartarin de Tarascon  » qui viennent immédiatement à l’esprit ; et pourtant……

Cet ouvrage intitulé  » Contes du lundi  » est une pépite.
Construit en 2 parties :

– la 1 ère ( une vingtaine de contes ) est centrée sur diverses situations de la guerre franco-prussienne de 1870 .La détresse des mères qui attendent des nouvelles de leur fils au front / les petites lâchetés de quelques uns profitant de la situation / la désolation des villages de province quittés par une population rurale terrorisée / Les actes héroïques de certains………

– une 2 ième partie plus  » intimiste  » reprend des scènes de la vie quotidienne à Paris et en Province. Les métaphores avec le contexte guerrier sont omniprésentes.

Une quarantaine de contes qui se lisent très rapidement et laissent un doux miel en bouche.
Le style , la richesse du vocabulaire et l’intensité des situations décrites ; Alphonse Daudet est un Maître.
Je vous invite à relire ou découvrir cette œuvre méconnue ; vous serez conquis .

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  – VU ET ENTENDU A LA TÉLÉ


FLONFLON ADORE … LIRE

 

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