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Du bleu pour les filles et du rose pour les garçons..? Oh purée..!

logo lardon 1L’’ART ET LA PALETTE
AUX CHOUX

Le bleu dans l’histoire de l’art

A notre époque la peinture se trouve en pot ou en tube, et possède innombrables teintes.

Cependant il y a 600 ans les artistes devaient confectionner eux-mêmes leurs mélanges de couleurs à partir de pigments (poudres de couleurs) et d’un liant liquide.

La nature offrait les pigments par les végétaux (Guède ou pastel, l’indigotier, ) ou les minéraux (Lapis-lazuli, turquoise, azurite).
Découvrons ce que les hommes et surtout les artistes ont su en faire au fil des siècles….

Danseurs - Fresque du Moyen Age

En Europe, c’est au Moyen-Âge qu’apparaissent les premiers trousseaux spécifiques pour les bébés. Oh surprise ! Le bleu, couleur divine de la Vierge Marie, est associé aux filles tandis que le rose, qui n’est qu’un rouge pâle, est dévolu aux garçons.


logo lardon DLe bleu dans l’histoire de l’art

1. De l’Antiquité au 12e siècle, le système de base est tripolaire :

Le blanc s’oppose au noir et au rouge, qui est « la » couleur par
excellence.

Le lexique des bleus est, en latin, imprécis et instable.
Le bleu ne compte pas, voire plus, il est méprisé.

La couleur bleue est « silencieuse », c’est-à-dire non intégrée à un système de valeurs (et plutôt associée aux barbares, Celtes et Germains).

Sous la Rome antique personne ne s’habille de bleu.
Quand on commence à s’habiller de bleu au 3e ou 4e siècle, les romains traditionalistes sont révoltés.
Les couleurs fleuries comme le bleu, le violet ou le vert s’opposent alors aux couleurs dignes comme le blanc, le rouge, le noir ou le jaune.

En Égypte Les Égyptiens produisent un pigment artificiel à partir de silicate de cuivre calcique.

Pour les peuples du Proche et du Moyen Orient le bleu est une couleur bénéfique qui éloigne les forces du mal.

Il est associé aux rituels funéraires pour protéger les défunts dans l’au-delà.
Il pouvait aussi être un symbole de sexualité entre les êtres humains.

Le bleu clair est le symbole de l’air et du ciel.
C’est également la couleur du dieu Amon qui était, entre autres, un dieu de l’atmosphère.
Le dieu Min peut également être représenté en bleu dans son aspect de Min-Amon.

Le bleu sombre du lapis-lazuli est le symbole de la voûte céleste la nuit, et des abysses.
Le bleu turquoise est le symbole de l’univers aquatique du Nil, d’où jaillit toute vie.

Vierge à l’Enfant, Fra Angelico vers 1450Le « bleu égyptien » est le premier pigment créé par l’homme. Apparu il y a cinq millénaires en Égypte et en Mésopotamie, il a longtemps fait l’objet d’un monopole et d’un commerce prospère dans le bassin méditerranéen.

2. Le bleu change de statut au 11e siècle.

L’émergence du bleu se fait à partir de l’an 1000 et plus particulièrement au 12e siècle.

Les théologiens s’interrogeant sur la lumière, différencient la lumière divine et la lumière terrestre.
La 1ère est bleue, la 2eme blanche.
Le manteau de la Vierge devient bleu.
D’abord religieux et marial, il éclate dans les vitraux gothiques, les émaux et miniatures. Le bleu devient essentiel.
Le ciel devient bleu.

Puis il entre en politique : les armoiries familiales des Capet (fleurs de lys sur fond d’azur) deviennent l’emblème du roi de France vers 1130.

Mariage de Charles IV, en 1322Le rouge reste impérial et papal, mais le bleu devient royal :
C’est la couleur du légendaire roi Arthur. Son engouement peut même se mesurer :

Vers 1200, l’azur n’est présent que dans
5 % des armoiries ;
vers 1400, la proportion est de 30%.

Les teinturiers en bleu progressent dans la gamme des bleus et détrônent ceux du rouge.
A la fin du moyen-âge le bleu est le contraire du rouge.

Ainsi les attributs divins deviennent bleus, puis l’aristocratie s’en empare suivie de la bourgeoisie.
A la fin du moyen-âge on moralise les couleurs et la réforme protestante généralise l’idée d’une couleur morale.

Du bleu pour les filles et du rose pour les garçons !

En Europe, c’est au Moyen-Âge qu’apparaissent les premiers trousseaux spécifiques pour les bébés.
Oh surprise ! Le bleu, couleur divine de la Vierge Marie, est associé aux filles tandis que le rose, qui n’est qu’un rouge pâle, est dévolu aux garçons.

Si la rose, la fleur signifiant l’amour, est une valeur attribuée aux femmes, le rose, lui, est perçu comme viril. Il n’y a qu’à voir la couleur rose des bas de chausse des chevaliers médiévaux.

Danseurs - Fresque du Moyen Age

Danseurs – Fresque du Moyen Age

logo lardon3. Entre les 15e et 17e siècles, le bleu devient une couleur « morale ».
Les lois somptuaires prolifèrent, qui régissent entre autres le vêtement, « premier support de signes dans une société alors en pleine transformation ».
Il y a des couleurs interdites, et des couleurs prescrites, notamment pour marquer ou stigmatiser.
Le bleu est épargné, considéré comme « bonne couleur » avec le noir, le gris et le blanc.
La Réforme protestante, qui est iconoclaste mais aussi « chromoclaste », distinguant les couleurs honnêtes et « déshonnêtes ».

A partir de 1666, les expériences de Newton montrent le prisme chromatique.
Le noir et le blanc quittent l’univers des couleurs.
Durant la renaissance et pour la peinture à l’huile, Les artistes cherchent à imiter les couleurs de la nature avec un rendu plus fidèle même si la symbolique de celles-ci est toujours d’actualité.
Les deux systèmes cohabitent.

4. Du 18e au 20e siècle, le bleu triomphe. Le chimique et le technique précède le symbolique.

L’invention, vers 1720, de la gravure en couleurs prépare la réorganisation du système autour de la triade rouge/ bleu/ jaune, futures couleurs primaires.

Avec la "pasta" (d'où son nom pastel) longuement fermentée on faisait des boules bien modelées et pressées, aussi parfaites que possibles, «les coques ou cocagnes ». Chaque coque nécessitait un kilogramme de feuilles. Elle mesurait 10 à 15 centimètres de diamètre et pesait environ 150 grammes.

La guède -pastel

On importe du « nouveau monde » de nouvelles couleurs.
Les bleus se diversifient, par des bleus plus foncés ou plus grisés, mate.
Le bleu devient au 18e une couleur particulièrement à la mode.

Côté matériel, la guerre des deux bleus tinctoriaux (pastel européen contre indigo exotique) se lit dans les règlementations étatiques et les luttes coloniales.

Le pastel (du latin pasta, pâte) est une espèce de crucifère comme les choux, les radis, la moutarde ou la monnaie du pape.
Utilisée comme plante médicinale et tinctoriale par les Grecs et les Romains de l’Antiquité, elle fut largement cultivée au cours du Moyen Âge et de la Renaissance, en Europe, pour la production d’une teinture bleue, extraite des feuilles, avant qu’elle ne soit détrônée par l’indigotier, puis par les colorants de synthèse.

Le bleu de Prusse serait un cas de sérendipité : né d’un pharmacien à Berlin Vers 1720, celui-ci voulant fabriquer du rouge obtint du bleu.

Goethe (Traité des couleurs, 1810), réaffirme contre Newton la forte dimension anthropologique de la couleur : « Une couleur que personne ne regarde n’existe pas ».

Les Souffrances du jeune Werther est un roman épistolaire de Goethe. Paru en 1774 le livre, qui est à l’origine du Romantisme, provoqua une vague de suicides et une mode : costume jaune et bleu, comme la tenue de bal de Werther, et robe rose et blanche, comme celle de Charlotte.Dans le mouvement romantique le bleu prend sa place avec l’habit bleu de Werther (1774), livre à succès, celui de la « petite fleur bleue » de Novalis, couleur de la mélancolie et du rêve qui aboutira vers 1870 au « blues » anglo-américain.

Chez les impressionnistes l’usage des couleurs primaires (rouge, bleu et jaune), et de leurs complémentaires (orange, violet et vert) est premier. Il n’y a plus de mélanges. Même les ombres sont représentées par des couleurs vives et juxtaposées.

Produisant l’effet d’ombre. Le spectateur fait lui–même la synthèse optique des couleurs.

5. Le bleu politique et militaire s’affirme d’abord en France : entre 1789 et 1794, il passe des armoiries à la cocarde, de la cocarde au drapeau et aux uniformes.
Le tricolore est d’abord celui du drapeau américain, qui procède lui-même du tricolore anglais fixé en 1603.
Puis le bleu politique se mondialise en couleur de la paix et de l’entente (ONU, Europe).

Sources  :
e-cours-arts-plastiques.com

 

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L’histoire de la couleur bleue dans les sociétés européennes est celle d’un complet renversement : pour les Grecs et les Romains, cette couleur compte peu ; elle est même désagréable à l’œil.

Or aujourd’hui, partout en Europe, le bleu est de très loin la couleur préférée (devant le vert et le rouge).

L’ouvrage de Michel Pastoureau raconte l’histoire de ce renversement, en insistant sur les pratiques sociales de la couleur (étoffes et vêtements, vie quotidienne, symboles) et sur sa place dans la création littéraire et artistique, depuis les sociétés antiques et médiévales jusqu’à l’époque moderne


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UN MONDE BIZARRE: LA ZONE D’OMBRE DU DESTIN DE SADI CARNOT

Beauté Cosmétiques


MON MONDE EST BIZARRE ET PARFOIS PLEIN DE MYSTÈRES INEXPLIQUÉS

Nous vous ferons découvrir ce que le ciel, la terre, l’eau ,et le feu ont de plus beau….avec toujours un mystère que la nature semble vouloir maintenir sur bien des choses bizarres et parfois étranges….
CHOU BLANC nous entraine dans son monde…son monde bizarre ….Ambiance…Ambiance

LA MYSTÉRIEUSE STATUETTE HINDOUE DE SADI CARNOT

En visite à Lyon pour l’’Exposition universelle, le président de la République française Sadi Carnot est victime d’’un attentat, le 24 juin 1894, peu avant 21 heures. L’’anarchiste Santo Ironimo Caserio surgit de la foule qui se presse, devant la bourse, et poignarde le Président en criant :
« Vive la révolution ! »
« C’’est la statuette ! » Cécile Carnot ne peut s’’empêcher de songer à la statue hindoue offerte à son époux, avant même qu’’il n’’accède à la fonction suprême. L’’objet promettait d’’apporter les honneurs… mais aussi une bonne dose de malheur.

C’’EST LE MONDE BIZARRE QUI TOURNE AUTOUR DES POUVOIRS OCCULTES DE  CETTE STATUETTE HINDOUE QUE JE VEUX VOUS CONTER AUJOURD’’HUI…..

Avant tout un peu d’’histoire

A la suite de la démission de Jules Grévy, mis en cause dans le scandale des décorations, Marie-François  Sadi Carnot, (1837 – 1894) plus couramment appelé Sadi Carnot est élu président de la république.( Il restera Président de la République de 1880 à 1894 !)
Le début de son mandat est marqué par l’agitation boulangiste et le scandale de l’affaire de Panama, en 1892 dans un contexte d’agitation syndicale et anarchiste qui dénonce les lois scélérates,

Le 9 décembre 1893, l'anarchiste Auguste Vaillant, projette une bombe dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale au Palais Bourbon. L'engin, chargé de clous et de plomb, explose par-dessus la tête des députés et au nez des spectateurs assistant aux délibérations. Une cinquantaine de personnes sont blessés, dont Auguste Vaillant lui-même.Par son geste Auguste Vaillant voulait venger la mort de l'anarchiste Ravachol, exécuté après avoir commis des attentats à la bombe contre des magistrats. Il entendait aussi dénoncer la répression du gouvernement de Casimir-Perier contre les activistes anarchistes. Vaillant est guillotiné le 5 février 1894.

Il était haï dans les rangs anarchistes pour avoir refusé la grâce d’Auguste Vaillant, dont l’attentat à la chambre n’avait pourtant pas fait de victimes.

Jusqu’à aujourd’hui, les historiens de la Troisième République ont en effet considéré que les anarchistes français des années 1880-1914, qui refusent obstinément toute autorité et toute hiérarchie, n’ont jamais pu s’organiser, et que donc, à l’époque des attentats sanglants des Vaillant, Émile Henry, Ravachol, Caserio et autres, ce qu’on appelle  » mouvement anarchiste  » n’est qu’une nébuleuse de petits groupes éphémères repliés sur eux-mêmes, qui réunissent des individus ayant des affinités les uns avec les autres et entre lesquels les journaux anarchistes, seuls, permettent la communication ; en conséquence, l’action anarchiste – même terroriste – résulterait le plus souvent de l’initiative d’individus isolés, de militants convaincus, qui, la plupart du temps, agiraient de façon spontanée.
Pour exemple le cynisme de CASERIO qui le lendemain de l’assassinat, expédie à la veuve de Sadi Carnot  une photographie de Ravachol, avec ces simples mots : « Il est bien vengé ». En effet, Ravachol, de son vrai nom François Koenigstein, un teinturier de 33 ans, avait été guillotiné à Montbrison le 11 juillet 1892 à la suite d’une série de délits et de crimes.




L’’ASSASSINAT DE SADI CARNOT
PAR L’’ANARCHISTE ITALIEN CASERIO

Dans un contexte d’agitation syndicale et anarchiste (une partie des lois relatives à la liberté individuelle et aux délits de presse visant à réprimer cette agitation, qualifiées de lois scélérates par l’opposition socialiste, venaient d’être votées), Sadi Carnot est blessé d’un coup de poignard par l’anarchiste italien Sante Geronimo Caserio le 24 juin 1894, alors qu’il quittait, par une issue secondaire pour éviter la foule, un banquet organisé à la Chambre de commerce à l’occasion de l’Exposition de Lyon.


Voici un témoignage tiré des archives du journal Ouest éclair de Rennes daté du jeudi 17 juin 1909

Extrait  Ne 3807  Ouest Eclair ( Rennes)
journal Républicain Quotidien de la Bretagne et de l’Ouest  Rédacteur Robert DELYS.
JEUDI 17 JUIN 1909  – Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Voilà quinze ans déjà. comme le temps va qu’en cette nuit de juin, lourde d’orage, la nouvelle de l’assassinat du président Carnot jeta dans le pays tout entier la plus douloureuse émotion.

J’avais diné chez un haut fonctionnaire et la soirée s’achevait en bavardages, quand la sonnerie du téléphone retentit. L’appareil était devant nous, devant nous eut lieu la conversation et
je n’oublierai jamais cette minute d’anxiété. Au premier mot, à l’exclamation de notre hôte, à sa pâleur, nous avions compris et mille questions nous venaient aux lèvres. Sans répondre, il tendit l’un des récepteurs et j’écoutai. C’était le secrétaire d’un ministre qui lisait en ce moment la dépêche officielle envoyée de Lyon par le président du conseil

« Le président de la République a été frappé d’un coup de poignard dans le trajet de la Chambre de commerce au Grand Théâtre. L’assassin a été arrêté. En cette douloureuse circonstance, le gouvernement associe la France à ses voeœux pour la guérison de M. Carnot ».
Les détails manquaient, mais nous qui connaissions les idées et les habitudes du président, la prudence et le sang-froid du ministre l’énergie et l’intelligence du préfet de Lyon. M. Ri-
vaud, il était facile de reconstituer la scène
« M. Carnot, confiant dans sa popularité, exigeant que sa voiture s’attardât dans la foule, ordonnant qu’on laissât approcher le public tout prés, trop près, et tendant la main au placet que l’assassin devait présenter, tandis qu’il préparait son arme ».

Les témoignages ultérieurs nous prouvèrent que nous avions bien jugé et que nulle responsabilité n’était en jeu. Les précautions les plus minutieuses avaient été prises, mais le président était d’une garde difficile et. cette fois comme ailleurs, il avait annihilé toute mesure de police dans celte conviction que sa personne n’avait rien à craindre d’un peuple affectueux, qui connaissait sa bonté.

Le président Carnot sera l’une des grandes figures de la troisième République, l’Histoire rappellera la simplicité de sa vie, sa correction politique et la grandeur et la délicatesse de son âme. Et le gouvernement s’honore en célébrant fidèlement l’anniversaire de sa mort, comme il le fait, en déposant une couronne chaque année, au tombeau du Panthéon.

’BIZARRE BIZARRE LES POUVOIRS OCCULTES DE SA STATUETTE HINDOUE

 statuette du docteur lebon statue de Bhudevi qui est la divinité hindoue de la terreA propos de l’assassinat, je l’ai entendu  Conter par un personnage qui fut de l’entourage du président, une histoire fort curieuse que les gens qui aiment les anecdotes me sauront gré de répéter.

Au temps où M. Sadi-Carnot était ministre des finances, l’un de ses amis, le docteur Gustave Le Bon, qui revenait d’un voyage aux Indes. Où on lui offrit une petite idole de pierre d’un travail fort remarquable, mais surtout originale par la propriété qu’on y dirait attachée.

« Il y a une tradition sur cette statuette, lui dit le savant voyageur, parfaitement incrédule, du reste. Elle appartint longtemps à la dynastie des rois de Kahdjurao, Le rajah qui me l’a donnée souhaitait de s’en défaire. Elle passe pour assurer le pouvoir à l’un des membres de la famille dans la possession de qui elle tombe, mais aussi pour lui assurer une mort violente. Le prince hindou voulait régner, mais il ne voulait pas mourir. Avant le trône, il craignit le poignard et pensa conjurer le sort en se séparant de la petite statue. Je l’ai trouvée originale avec sa bizarrerie artistique et son étrange réputation. Mais il n’eut pas été honnête de vous la remettre sans vous prévenir. Ne la prenez pas, si vous n’acceptez pas les risques d’honneur et de danger »

La légende était piquante un peu l’histoire de la Peau de Chagrin, de Balzac. Mais M. Carnot n’était pas superstitieux et le bibelot fut accepté avec plaisir.

Quelque temps après, Jules Grévy était forcé de quitter l’Elysée et, devant l’impossibilité de grouper une majorité sous le nom de Ferry, le Congrès se mettait d’accord pour élire M. Carnot.
« C’est la statue » écrivait le lendemain le nouveau président au docteur Le Bon et il en plaisantait encore, mais peut-être avec un peu de trouble déjà.

Est-ce également la statue, par quelque sortilège ancien attaché à sa pierre, qui a permis sept ans plus tard l’assassinat du malheureux chef de l’Etat ?
Sans doute, malgré l’invraisemblance d’une telle opinion, elle prit corps néanmoins dans l’esprit de Mme Carnot, car, à sa mort, ses enfants trouvèrent dans son testament la prière instante de détruire l’idole hindoue.

caserio
QUI ÉTAIT CET ANARCHISTE
ITALIEN CASERIO..?

« Messieurs les jurés, si vous voulez ma tête, prenez-la, mais ne croyez pas qu’en prenant ma tête vous réussirez à arrêter la propagande anarchiste ».

Caserio  est né le 28 septembre 1874 en Italie à Motta-Visconti, fils d’un boulanger. En juin 1894, employé chez un boulanger à Sète, il est maigre, pâle, mesurant 1,71m, cheveux châtains, très vif, se mettant facilement en colère. Ce fut le cas, le 23 juin, contre son patron à propos des exécutions d’Émile Henri et Auguste Vaillant. Ayant reçu le compte de son salaire (vingt francs), il part à l’aventure et pour venger la cause de l’anarchie il décide de tuer le président Sadi Carnot séjournant à Lyon le lendemain !
En juin 1894 il y avait partout en Europe une agitation du mouvement anarchiste. Il est plausible qu’un groupe ait prévu une action… mais le procès de Caserio a bien montré que cet homme agissait seul.
Il disait :
« Messieurs les jurés, si vous voulez ma tête, prenez-la, mais ne croyez pas qu’en prenant ma tête vous réussirez à arrêter la propagande anarchiste ».
Tous les profils psychologiques concernant Caserio le montrent comme un être emporté, instable, itinérant, ne supportant aucune contrainte, idéaliste rêveur qui pense que l’anarchie est le seul moyen d’accéder au bonheur. C’est un fanatique, antisocial et orgueilleux correspondant à la catégorie de « l’idéaliste passionné » ayant de surcroît, selon Lacassagne, une conduite suicidaire cherchant le martyre pour garder son intégrité narcissique.
Que faut-il penser de la demande de grâce de Caserio à Casimir Perrier :
« Car j’ai facilité votre accession au poste qui est désormais le vôtre » ?
Étrange mélange d’ironique audace, humour macabre, délire passionnel. Il est évident que l’acte régicide de Caserio est celui d’un être isolé, sans machination, sans collaboration ni organisation préalable.

Le procès en cour d’assises du Rhône est fait les 2 et 3 août 1894, soit cinq semaines après l’attentat et l’exécution capitale de Caserio a lieu le 16 août 1894 à cinq heures du matin.
Ainsi la tragédie s’est déroulée en 51 jours. L’issue pour Caserio était inévitablement  la guillotine voulue par l’opinion publique lyonnaise pour laver l’affront des citoyens, punir l’auteur d’un crime et défendre l’ordre social.

Marie François Sadi Carnot (1837-1894) Un président au Panthéon
Sadi Carnot repose au Panthéon de Paris, aux cotés de son grand-père Lazare  Carnot.
Il est le seul président français a y être inhumé!Marie François Sadi Carnot (1837-1894) Homme d’état français, né à Limoges, président de la République de 1887 à 1894, il fut assassiné d’un coup de poignard à Lyon, le 25 juin, par l’anarchiste italien Caserio.

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Un excellent ouvrage
 
Après avoir lu de nombreux livres et biographies sur la période 1919-1940 cet ouvrage m’apparait comme le mieux construit, le plus concis tout en étant soucieux des détails. Un excellent investissement pour s’informer sur la période.

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EN PASSANT : Rue du Pélican à Paris

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Blog note de
Papy Larue

Quand notre nouveau pote M LARUE nous a proposé une série sur les noms de rues pour éduquer nos potes âgés et leurs choupinets..
On s’est dit :
« Avec un nom comme le sien…. il est né pour ça..! » personne n’a osé le mettre à la rue car il y était déjà .. En plein reportage dans la rue du 4 septembre

Combien de matelots combien de capitaines
GPS en main égrainent des noms de rues sans savoir de quoi ou de qui ils parlent…! Et restent penauds dans leurs gouffres amers.

Aidons les à savoir qui sont ces personnages ….
Car celui qui a donné son nom à une rue parle encore comme Tristan Bernard :

Donner son nom à une rue ou à une route, quel puissant stimulant pour encourager les jeunes gens à bien faire !
De Tristan Bernard / Compagnon du Tour de France – 1935

Aujourd’hui :
La Rue du Pélican à Paris

La véritable signification de la rue du Pélican à Paris

La rue du Pélican à Paris est située à côté du Louvre et du Palais-Royal.

Ce nom curieux est une transformation de son nom d’origine : la rue du « Poil-au-Con ».

Un nom qui ne devait rien au hasard puisqu’il faisait référence aux nombreuses prostituées qui peuplaient les lieux au XIVe siècle.

Historique

Cette rue, qui était entièrement construite en 1305, était située hors des murs de l’enceinte de Philippe Auguste. En 1313, cette voie étant devenue un lieu de prostitution, on lui donna le nom de « rue du Poil-au-Con ».

Au début de la Révolution, en 1792, elle fut appelée « rue Purgée » lorsque les prostituées furent chassées de la rue. Jean de La Tynna (historien) indique qu’elle ne méritait guère ce nom, des filles publiques continuant à l’habiter !

En 1800, elle prend le nom de « rue de la Barrière-des-Sergents » à cause de sa proximité de l’ancienne barrière de ce nom qui était située rue Saint-Honoré.

En 1806, elle prend la dénomination de « rue du Pélican ».

La rue présente, comme de nombreuses vieilles rues, un gabarit variable ceci résultant des législations successives en la matière

Une décision ministérielle du 13 fructidor an VIII () signée L. Bonaparte fixe la largeur de cette voie publique à 7 mètres.

Cette largeur est portée à 10 mètres, en vertu d’une ordonnance royale du 22 novembre 1832.

 

« Cette rue portait déjà au XIVe siècle un nom obscène qu’elle devait aux femmes « folieuses de leur corps » qui l’habitaient. C’est dans un bouge de la rue du Pélican que dans le Roi s’amuse, Victor Hugo a placé le roi François Ier allant courtiser les filles.
.
« Cette antique rue », dit A. Callet, « cache sous cette appellation d’un volatile connu par ses sentiments du devoir familial, un de ces noms suffisamment grivois que le bon peuple de Paris ‘lequel aymait les propos sallés’ et les mots crus, décernait volontiers aux rues de sa chère Cité où foisonnaient les ribaudes et s’ouvraient les joyeuses ’bouticles à peschié’.
Ami lecteur, devine si tu peux et imprimes si tu l’oses ».
Pendant la Révolution, on la nommait rue Purgée, puis en 1806 rue de la Barrière-des-Sergents, à cause de la barrière de ce nom située rue Saint-Honoré près de la rue des Petits-Champs . Sous l’Empire elle reprit le nom de Pélican. »
Nouveau Dictionnaire Historique de Paris, Gustave Pessard, 1904

SOURCES 

http://www.parisrues.com/


PAPY LARUE

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