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ALLEZ MAMY RACONTE : Le lapin de Pâques

logo mamy raconte aux pitchousALLEZ MAMY…! RACONTE….! est une série pour les petits et les grands enfants..!
Dans la Chouette ma Mamy se transformera, cet automne, en conteuse au bord du feu…. Préparez les buches….. conservez vos braises on va faire griller les châtaignes

Pour les autres ….??
Ben..! Rêvez…..! Vous sentirez très vite les odeurs de la grillade , la chaleur du feu de bois, vous entendrez l’écorce crépiter….. et vous verrez au milieu des flammes…. la fantasmagorie de l’imaginaire…
ça y est..
Vous tenez le soufflet bien en main….?
Oui.. !

Aujourd’hui c’est :
Le lapin de Pâques

logo mamy turlututu smallMes chers enfants moi aussi j’avais une grand mère qui, comme moi, aimait à raconter des histoires à la choupinette que j’étais en ce temps là….!

Elle se plaisait à me parler d’histoires qui m’aidaient à mieux me connaitre ou à découvrir le monde ..
je me rappelle de ce jour où elle m’a poussé à imaginer le lapin qui m’apporterait mes œufs de pâques…..
je vais vous le présenter mais avant…..
PRENEZ DU GRAIN DANS VOTRE MAIN POUR LE NOURRIR…

logo mamy turlututu small– ALLEZ.. ACTION Mamy raconte..!
Raconte nous ce que tu as entendu ce jour là…..

– ALLEZ MAMY il a raison Jonas vas y….



– D’abord, les lapins de Pâques, ça n’existe pas !!

– Pas vrai Papy..?


Le lapin de Pâques

LE CHOURISTE – Tu as peut être raison mon petit gars . Les lapins de Pâques, ça n’existe pas !

Du moins, beaucoup de gens le pensent. Ils disent :

Un lapin est un lapin, qu’il soit dans son clapier ou dans les champs. Il ne sait pas pondre d’œufs. Alors, comment pourrait-il en apporter pour Pâques ?

D’ailleurs, un lapin ne sait pas ouvrir une porte ou sauter au-dessus d’une clôture. Et où trouverait-il un panier pour transporter ses œufs si toutefois il en avait ?

De plus, tous les lapins ont peur des hommes ! C’est triste, mais c’est comme ça !

Pourtant, ce serait merveilleux si tu imaginais un lapin de Pâques rien que pour toi.

Le voici déjà ! Il a plus au moins ta taille et de belles, longues oreilles.

Le lapin de Pâques_1Il est déjà habillé d’un costume de toutes les couleurs et sur son dos, il porte un petit panier dans lequel il y a tous tes cadeaux.

Il vient chez toi ! Il traverse des prairies, des bois et bondit au-dessus des ruisseaux.

Oh ! Voilà un renard qui tente de le rattraper. Mais le lapin n’est pas du tout effrayé.

— Je suis le lapin de Pâques, lui dit-il calmement.

— Oh, alors je te présente toutes mes excuses ! lui répond le renard.

Ton lapin arrive dans un petit village. Un chien accourt en aboyant à tue-tête. Mais quand il voit que c’est le lapin de Pâques, il frétille joyeusement de la queue.

Le lapin de Pâques_2

 

Le lapin de Pâques enjambe les haies, traverse des jardins et arrive enfin au seuil de ta porte.

Il enfonce la pointe de l’un de ses longues oreilles dans la serrure en tournant très doucement et très prudemment. Ça y est ! La porte s’ouvre.

 

Maintenant, il cache les œufs et des tas d’autres petits cadeaux qu’il a apportés.

– Et quand tu te réveilleras le dimanche de Pâques et que tu trouveras les œufs dans le jardin, tu sauras avec certitude que… c’est ton lapin de Pâques qui a apporté tout cela !

 

– ça va être super sympa dimanche ..

– Tu seras là Papy

LE CHOURISTE
 – Bien sûr surtout que c’est dans mon jardin …!
Je veux être là pour accueillir
car Il aura fait cette longue route rien que pour vous.

Et c’est le plus beau lapin de Pâques du monde car c’est vous seul,qui l’avez imaginé !

SOURCES :

Winfried Wolf  Le lapin de Pâques  Paris, Casterman, 1987

Pour les plus petits

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ALLEZ MAMY RACONTE: Le pari de Dame la Chance

ALLEZ MAMY…! RACONTE….! est une série pour les petits et les grands enfants..!
Tout ce printemps dans la Chouette, ma Mamy se transformera en conteuse au milieu des fleurs et des gazons
C’est comme ça qu’elle vous fera rêvez…..!   Aujourd’hui:
Le pari de Dame la Chance


logo mamy turlututu smallMes chers enfants moi aussi j’avais une grand mère qui, comme moi, aimait à raconter des histoires à la choupinette que j’étais en ce temps là….!

Elle se plaisait à me parler d’histoires qui m’aidaient à mieux me connaitre ou à modifier mon comportement ma manière d’être ou de me conduire avec les autres….. Je me rappelle de celle ci qui m’a amené à changer mon regard sur l’autre … L’autre ce mystère qui n’ait pas moi …. et pourtant si proche….!

ÉCOUTEZ-LA VOUS AUSSI POUR QUE DEMAIN VOUS SOYEZ MEILLEURS …

logo mamy turlututu small– Alors.. ACTION Mamy..!
Raconte nous un conte espagnol

OUI OUI ..!  Depuis QUE MARIA nous a quitté, c’est lui faire grand honneur de nous unir tous en pensée autour d’un conte espagnol… je crois d’ailleurs que la grand mère de Maria lui racontait surement  ….
Il s’agit du   Pari de Dame la Chance…..

Logo mamy raconte DDame la Chance et Seigneur la Richesse se connaissaient depuis longtemps et vivaient en bonne amitié. Ils ne pouvaient se passer l’un de l’autre: là où il allait, elle allait aussi. Et ils se sentaient si bien ensemble qu’ils décidèrent finalement de se marier.
Ce qui fut bientôt fait.

On disait d’eux qu’ils s’aimaient comme deux tourtereaux, mais qui les connaissait d’un peu plus près savait bien que ce n’était pas l’exacte vérité.

dame chance et monsieur richard
C’était en réalité un couple bien étrange. Seigneur la Richesse amassait constamment or, argent et objets précieux, tout ce qui pouvait avoir une quelconque valeur. C’est ce qui lui avait valu son nom, même si les gens l’appelaient aussi Monsieur l’ Avare, Monsieur l’Argent, Monsieur la
Bourse et de bien d’autres façons encore.
Il était replet, de taille plutôt petite, sa tête ronde luisait comme l’or des Indiens, sur sa ceinture miroitait de l’argent mexicain, ses pieds tors étaient parés de chaussures du cuir le plus fin ornées de boucles en cuivre de Ségovie.

logo mamy turlututu smallDame la Chance semblait belle à première vue, mais c’était une femme instable et changeante comme le temps d’avril. Elle ne tenait pas en place,était extrêmement curieuse, et variait d’humeur dix fois par heure. Elle voulait décider toute seule de tout, sans arrêt elle ordonnait, commandait,ne se préoccupant nullement des prières et des promesses qui lui étaient
adressées. En bref, elle ne faisait toujours et partout que ce qui lui passait
par la tête.

Il n’est donc pas surprenant que peu de temps après leur mariage, des querelles soient survenues entre eux. Dame la Chance voulait en effet dominer son mari et exigeait qu’il lui obéît en tout, aveuglément. Malheureusement, celui-ci avait la même prétention vis-à-vis d’elle. L’un et l’autre voulaient commander et aucun des deux n’était prêt à faire la moindre
concession. Madame avait ses humeurs, Monsieur était d’une extrême vanité. Ainsi criaient-ils et se disputaient-ils du matin au soir et du soir au matin.

Les choses duraient ainsi depuis un certain temps déjà, quand Dame la
Chance dit à son mari:

monsieur richard– Tu dois quand même reconnaître que je suis plus puissante et plus forte que toi. Admets-le et entre nous, tout redeviendra de nouveau comme avant.

Seigneur la Richesse trembla de colère.

– Toi, plus forte? C’est ridicule! Quand te mettras-tu enfin dans la tête
que c’est moi le plus fort!

dame chance– S’il en est ainsi, reprit Dame la Chance, alors mesurons-nous. Le
vainqueur aura le droit de commander. Es-tu prêt?

 – C’est entendu,. répondit Je mari çui s’empressa d’ajouter: même s’il ne fait aucun doute que je suis le plus puissant.

pauvre homme– Alors regarde là-bas, sur la colline, ce pauvre homme assis sous l’olivier: il se lamente, car quelque chose le tourmente. Nous allons voir qui de nous deux saura le mieux l’aider.

Et ils s’engagèrent sans plus attendre sur le sentier qui menait à l’olivier.
Dame la Chance marchait d’un pas léger, fredonnant, sautillant de fleur en fleur, tandis que son époux avançait avec peine, soufflant à chaque pas et essuyant à tout instant son front trempé avec un mouchoir de soie. Puis Dame la Chance se cacha derrière un buisson tandis que Seigneur la Richesse abordait l’infortuné.

– Bonjour, brave homme, dit-il amicalement.

L’homme souleva son chapeau pour le saluer et répondit:
– Bonjour à vous aussi.

Monsieur rIchard et le pauvre homme

Le seigneur au gros ventre lui demanda:
– Tu ne sembles pas me connaître?

Le paysan fit non de la tête.
– Non Monsieur, je ne vous ai jamais vu de ma vie.

– C’est bien ce qu’il me semblait! fit le gros ventru en souriant. Et je ne crois pas être loin de la vérité si je dis que tu as des soucis.

Le paysan soupira:
– Monsieur, j’ai six jeunes enfants. Mais comment les nourrir, si personne ne me donne de travail? Et vous me demandez si j’ai des soucis!

jonas
Mamy je peux peut être casser ma tirelire pour lui
– T’es gentil mon petit Jonas …
mais ce sera pas la peine…
Écoute la suite…..


Le gros ventru sortit de sa poche une pièce d’argent et lui tendit en disant:

– Prends cet argent et achète-toi quelque chose, qu’au moins tu aies
un peu de joie!

Logo mamy raconte DLe pauvre remercia, prit la pièce d’argent et courut vers le village, chez le boulanger, acheter du pain et de la farine pour nourrir ses enfants.

Il tenait déjà la miche de pain dans sa main, mais lorsqu’il chercha dans sa poche la pièce d’argent, il n’y trouva qu’un trou. La pièce avait disparu.
Le pauvre homme rendit la miche au boulanger, ressortit et, pas à pas, chercha la pièce, mais en vain.

Dame la Chance et Seigneur la Richesse suivaient la scène de loin. Le gros pansu grimaçait, sa femme lui riait au nez.
Seigneur la Richesse, qui n’aimait pas que l’on se moque de lui, se fâcha et partit sur ses petites
jambes pour le rattraper.

monsieur richard– Que t’est-il arrivé? lui demanda-t-il. Pourquoi te lamentes-tu ainsi?

pauvre homme– Monsieur, gémit le pauvre, j’ai perdu votre pièce d’argent à cause d’un trou dans ma poche, et mes enfants vont continuer à avoir faim.

 

– BEN Mon colon….. Il en a eu du pot ce gars … parce qu’en plus il aurait pu être noir…!!!!
– Tais toi donc nigaud….

Alors le gros ventru lui donna une pièce d’or et dit avec bienveillance:

– Va chercher ce dont tu as besoin. Mais ne mets pas cette pièce dans ta poche, pour ne pas la perdre de nouveau!

Le pauvre le remercia, serra la pièce d’or dans sa main et se précipita chez le marchand.
Il choisit de la nourriture, des vêtements pour sa femme et ses enfants, et donna la pièce au marchand.

Celui-ci le regarda, puis sa pièce d’or toute neuve et brillante, et s’écria:

– Imposteur! Tu espérais peut-être que je ne m’apercevrais pas que ta
pièce est fausse? Je vais te dénoncer à la justice!

Le malheureux s’enfuit du magasin comme s’il avait le diable à ses trousses. Il gémit, se lamenta, et voilà que sur son chemin, il rencontra de nouveau le gros ventru sur ses jambes torses.

– Monsieur, s’exclama-t-il brusquement, vous m’avez entraîné dans le
malheur! Cette pièce d’or était fausse et à présent je risque la prison! Mes
enfants vont périr de faim, que vont-ils devenir sans moi?

monsieur richardSeigneur la Richesse se mit en colère. Il sortit de sa poche une bourse
pleine d’argent et la donna au pauvre:

– Va maintenant, et fais-en bon profit!

Le pauvre le remercia, serra la bourse sur sa poitrine et courut tout heureux chez lui.
Mais dans le bois, près du village, des brigands l’attaquèrent. Ils lui dérobèrent sa fortune, son chapeau et sa chemise, et lui infligèrent une correction.

Dame la Chance observait de loin ce qui se passait. Quand les brigands eurent disparu dans le bois, elle se tourna vers son mari et déclara d’un ton résolu:

dame chance et monsieur richard

– A présent, cela suffit! C’est à mon tour d’agir !   Regarde bien !

logo mamy turlututu smallElle souffla légèrement dans sa main et aussitôt, quelque chose brilla sur le sol devant le pauvre. Celui-ci cessa de se lamenter, s’approcha, et constata que c’était sa pièce d’argent perdue.
Il la ramassa et courut à nouveau vers le village acheter de la nourriture et des vêtements pour sa femme et ses enfants. Sitôt qu’il entra dans le magasin, le marchand l’embrassa en s’écriant:

Excuse-moi de t’avoir offensé! Je pensais que cette pièce d’or était fausse. Je l’ai apportée au tribunal, et là, après l’avoir examinée, on m’a assuré qu’elle était au contraire du plus bel or. Voilà ta pièce, je te la rends. Garde-la; ce que tu avais choisi, je te l’offre, et pardonne-moi de
t’avoir soupçonné!

Le pauvre retourna tout heureux chez lui. Alors qu’il traversait le bois, les gendarmes surgirent devant lui: ils emmenaient avec eux les bandits ligotés. En voyant le pauvre, ils s’arrêtèrent et dirent:

– Tu es sans doute l’homme qu’ils ont dépouillé! Ils ont déjà avoué t’avoir dérobé non seulement ta fortune, mais aussi ton chapeau et ta chemise. Voici ton bien !

Le pauvre reprit sa bourse, sa chemise et son chapeau et se précipita chez lui sans plus attendre. Dès lors, ses enfants ne connurent plus jamais la faim.

dame chanceEt Dame la Chance? Depuis ce temps, elle est encore plus capricieuse, plus changeante et plus turbulente qu’auparavant.

Par contre, Seigneur la Richesse se porte assez mal.
Il Ia suit partout, à deux pas en arrière, il soupire profondément, mais se tait et lui obéit avec soumission.

En vérité, que peut-il faire d’autre?

jonas– Mamy aujourd’hui j’ai bien retenu ce que tu nous as dit :
« l’argent ne fait pas le bonheur …. mais il faut un peu de chance pour en avoir…. et pour savoir le garder »

SOURCE: contes espagnols  – editions GRÜND

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CONTES : Le crapaud

ALLEZ MAMY…! RACONTE….! est une série pour les petits et les grands enfants..!
Tout cet été dans la Chouette, ma Mamy se transformera en conteuse de bord de mer….ou d’Arrière pays….
Préparez les esquimaux glacés…..
Pour les autres ….??
ceux qui ne partent pas en vacances faute de moyens ou de forces pour assumer le voyage….
Ben..! Faisons les rêvez…..!

AUJOURD’HUI C’EST : LE CRAPAUD

logo mamy turlututu smallMes chers enfants moi aussi j’avais une grand mère qui, se plaisait à me parler d’histoires qui m’aidaient à mieux me connaitre ou à découvrir le monde ..

je me rappelle du jour où elle m’a raconté :

LE CRAPAUD… Cela m’a marquée je m’en rappelle encore

ÉCOUTEZ ….. Je vais vous raconter tout ça ……

– ALLEZ.. ACTION Mamy..!
Tu la lis .. tu la lis …!!!

– OUI OUI mon petit Jonas …

Mais avant papy a un mot à vous dire

LE CHOURISTE
LE CRAPAUD
est un conte écrit par
Hans Christian Andersen,
Hans Christian Andersen,
( ) de Copenhague, est un romancier, dramaturge, conteur et poète danois, célèbre pour ses nouvelles et ses
« contes de fées »

Longtemps ignoré ou tourné en dérision dans son pays, où l’on a raillé son égocentrisme, il n’est reconnu tout d’abord qu’à l’étranger

LE CRAPAUD

Il y avait une fois un puits des plus profonds ; la corde en était longue en proportion. Il y avait de quoi être fatigué quand on avait tourné la poulie pour remonter le seau rempli d’eau ; c’est à peine si on avait encore la force de le prendre pour le placer sur la margelle.
Jamais les rayons du soleil n’avaient pu pénétrer jusqu’au fond, quelque envie qu’ils en eussent ; l’eau était si claire qu’ils auraient bien voulu s’y mirer.

Partout le long des parois où ils pouvaient atteindre, de la mousse et des plantes poussaient entre les pierres.

En bas demeurait une famille de crapauds ; c’était la grand’mère qui la première était venue y habiter malgré elle ; en sautant un jour d’un bord à l’autre, elle avait manqué son coup et était tombée en bas la tête la première. Elle vivait encore, la bonne vieille. Elle y avait trouvé une bande de grenouilles vertes et l’on s’était reconnu comme des cousines.

Elle avait donné naissance à une fille qui un jour s’était trouvée prise dans le seau et avait été remontée presque jusqu’en haut. La lumière du jour l’éblouit et, toute hors d’elle-même, elle fit un bond et retomba en bas avec un fracas terrible ; trois jours elle souffrit de douleurs dans le dos. Il lui aurait été facile, bien qu’elle n’eût rien vu, de raconter, comme c’est la coutume, monts et merveilles sur ce qui se passait là-haut ; mais elle avoua avec bonne foi qu’elle n’avait pu rien distinguer. Cependant elle savait maintenant, et elle l’avait appris à toute sa société, que le monde entier ne se bornait pas à leur puits, comme on l’avait cru auparavant. La grand’mère, elle, aurait été à même de décrire un peu ce qu’on pouvait voir là-haut ; elle aussi avait sa conscience, et elle ne disait jamais un mot ni des étangs ni des mares où elle avait passé agréablement sa jeunesse. Elle ne voulait pas donner à ses compagnes des regrets inutiles.

Pour passer le temps, on médisait un peu les uns les autres. « Qu’elle est grosse et pataude et laide, la mère crapaude, disaient un jour deux jeunes grenouilles. Ses petits seront aussi affreux qu’elle. — C’est possible, répondit la crapaude, qui les avait entendues. Mais l’un d’eux aura dans sa tête une pierre précieuse, à moins que je ne l’aie déjà moi-même. »

En effet, comme tout homme du peuple le sait, dans le Nord du moins, il se trouve de temps en temps dans la tête d’un crapaud un superbe diamant.

Les grenouilles hochèrent la tête ; elles n’étaient pas du tout contentes de ce qu’elles venaient d’apprendre ; elles firent la moue et s’éloignèrent. Les jeunes crapauds se rengorgèrent et se gonflèrent d’orgueil ; chacun croyait posséder la pierre précieuse. Ils tenaient leur tête toute droite, comme il convient à des êtres privilégiés. Enfin l’un d’eux demanda ce que c’était au juste que cette pierre précieuse dont ils devaient être fiers.

« C’est quelque chose de magnifique et d’inappréciable, dit la mère. Il faudrait plus d’éloquence que je n’en ai pour la décrire dignement. Cela vous fait le plus grand plaisir, et tout le monde vous porte envie.

Ce n’est pas moi qui possède la pierre précieuse, dit la petite crapaude, le plus jeune rejeton de toute la famille ; elle était laide à faire peur. Pourquoi la désirerais-je ? ce qui fâche les autres ne me réjouit pas. Ce que je désirerais par dessus tout, ce serait de monter jusqu’au bord du puits et de voir un peu ce qui est là-haut. Quelque chose me dit que ce doit être bien beau.

— Reste où tu es, mon enfant, dit la grand’mère. Ici tu mènes une vie douce et égale ; il n’y a qu’une chose à éviter, le seau. Il pourrait t’écraser. Ne t’avise pas d’y entrer, tu risquerais d’en tomber, et tout le monde n’a pas, comme moi, la chance d’en être quitte avec une courbature.

— Couac, couac ! » dit la petite, ce qui dans leur langage signifie la même chose que notre « oh ! oh ! » Mais c’était plus fort qu’elle ; elle ne pensait qu’à monter là-haut ; elle se sentait attirée vers la lumière sans la connaître.
Le lendemain, le seau étant descendu s’arrêta un instant près de la pierre où la petite se trouvait ; tout son être tressaillit et d’un bond elle sauta, sans trop savoir ce qu’elle faisait, dans le seau, qui fut aussitôt remonté.

Un valet de ferme le prit et versa l’eau dans une cuve. « Fi donc ! s’écria-t-il en apercevant la bête. Il y a longtemps que je n’ai vu quelque chose de plus hideux. » Et de son sabot il lança un coup vers la pauvre crapaude ; heureusement pour elle il la manqua. Elle se sauva et se cacha sous les hautes orties qui poussaient alentour. Elles formaient un fouillis touffu de tiges et de feuilles ; toutefois, en levant la tête, elle aperçut la lumière du soleil qui passait à travers les feuilles d’ortie. Ce fut pour elle un spectacle ravissant. C’est ainsi que nous-mêmes, quand dans une grande forêt nous voyons les rayons du soleil percer à travers les branches et le feuillage, nous éprouvons une religieuse émotion.

« Comme c’est bien plus beau ici que dans le puits ! s’écria-t-elle. J’y passerais bien ma vie entière. » Elle resta en effet une heure, puis une autre heure. Alors elle se dit qu’ayant tenté l’aventure, elle devait explorer le nouveau monde où elle s’était lancée. En sautillant de son mieux, elle atteignit la grande route toute poudreuse. Le soleil y dardait en plein ses rayons. Rien qu’en la traversant, la petite crapaude fut couverte d’une épaisse couche de poussière. Ce fut une nouvelle sensation pour elle, et nullement agréable. Elle se hâta d’arriver au fossé, où poussaient des myosotis et des iris ; sur le revers se dressait une baie d’aubépine, entremêlée de sureaux enguirlandés de liserons en fleur. Une bande de papillons s’ébattaient dans l’air. La petite s’imagina que c’étaient des fleurs détachées de leurs tiges pour voir un peu le monde ; elle trouvait cela tout naturel. « Si je pouvais donc voltiger aussi vite que ces jolies créatures ! se disait-elle. Couac ! couac ! quel bonheur ce serait ! »

Elle resta huit jours et huit nuits dans ce beau fossé ; elle y trouvait bonne et ample nourriture. Le neuvième jour elle se dit : « En avant ! allons plus loin ! » Que pouvait-elle donc espérer de mieux que ce lieu de délices ? Elle désirait trouver un peu de société, quelque honnête famille de crapauds, ou, au pis-aller, des cousines, des grenouilles vertes.

« On mène ici une existence agréable, se dit-elle. Mais à la longue la plus belle nature toute seule vous ennuie. Que je voudrais donc trouver quelqu’un de mes pareils avec qui je puisse causer ! » Et elle se remit en route. Après avoir traversé plusieurs champs, elle arriva à un grand étang tout entouré de joncs ; elle y entra.

« Soyez la bienvenue, lui dit une grenouille. Il fait peut-être ici un peu trop mouillé pour vous. Enfin vous verrez ; nous ferons de notre mieux pour vous bien recevoir. »
Et le soir même elle fut invitée à un concert de famille.
Les chants étaient monotones, mais on pouvait se rafraîchir à discrétion ; quand on n’aime pas la musique, c’est une précieuse ressource.

Le lendemain, la petite crapaude continua son chemin ; elle aspirait toujours à quelque chose de mieux. Maintenant que ses yeux étaient faits à la lumière, elle pouvait admirer le ciel étoilé et la grande pleine lune. Mais ce qui la mettait en extase, c’était le soleil qu’elle voyait se lever et monter, monter toujours dans l’espace.

« Serais-je donc toujours dans un puits ? pensa-t-elle, dans un puits plus grand que le premier, voilà tout. Je voudrais tant m’acheminer vers ce bel espace bleu ! Ce désir me tourmente et me ronge. »

Et, contemplant la lune, la pauvre bête crut dans sa simplicité que c’était peut-être un beau seau de cuivre brillant qui allait descendre vers la terre et où elle pourrait sauter pour parvenir plus haut.

« Non, se dit-elle, c’est plutôt le soleil qui est le seau par lequel on arrive au ciel.
Comme il reluit ! Voilà qu’il descend. Il faut que je guette l’occasion de m’y glisser.
La lumière, je l’adore ; il me semble parfois que quelque chose brille dans ma tête. La fameuse pierre précieuse dont parlait ma grand’mère ne peut pas avoir plus d’éclat. Je ne la possède pas, et je ne la désire point. Tout ce que je souhaite, c’est de monter vers la lumière et de m’y noyer. Allons ! du courage, et en avant !
Toujours tout droit. Je ne reculerai pas ; mais comme le cœur me bat, en partant pour ce grand voyage ! »

Elle se remit bravement à sautiller aussi vite qu’elle pouvait. Elle vint à passer dans un lieu habité ; pour se reposer, elle s’arrêta dans un jardin potager.

« Que de choses nouvelles je découvre sans cesse ! pensa-t-elle. Que le monde est vaste et magnifique ! Combien je m’applaudis de ne pas être restée dans le puits ! Quelle belle verdure, quel endroit frais et agréable !

— À qui le dites-vous ? interrompit une chenille nichée sur un chou. C’est ici le paradis, et ma feuille est la plus grande de toutes. Je puis me passer du reste du monde.

— Glouc, glouc ! » entendit-on ; c’était une bande de poules qui maraudaient dans le jardin. Celle qui marchait devant avait de bons yeux, elle aperçut la chenille. Elle accourut et d’un coup de bec elle lança à terre la chenille, qui se mit à se tordre et à se tortiller. La poule la considéra d’un œil, puis de l’autre, attendant ce qui allait advenir de toutes ces contorsions. « Il faut en finir, » se dit-elle au bout d’un instant, et elle avança le bec pour happer l’insecte. La petite crapaude, saisie de compassion, fit un bond en avant pour venir au secours de la chenille.

La poule, tout effarée de cette brusque apparition, se sauva en s’écriant : « Oh ! l’affreuse bête ! Non, décidément, je ne veux pas croquer cette chenille ; elle a des poils qui vous grattent la gorge.

— Avez-vous remarqué, dit la chenille, ma présence d’esprit ? Avez-vous vu comme je me suis habilement démenée pour échapper à ce monstre ? Mais ce n’est pas tout ; il faut que je retrouve la feuille de chou qui est mon domaine et mon bien. »

La petite crapaude s’approcha et félicita la chenille d’avoir évité le trépas. Elle se réjouit d’avoir, par sa laideur, pu effrayer la poule.

« Qu’est-ce que vous me chantez ? dit la chenille. Je me suis tirée d’affaire moi-même. Ce sont mes grimaces qui lui ont fait peur. Mais, du reste, vous avez raison, vous êtes hideuse à voir. Ah ! voilà que je flaire mon chou. Bien le bonjour ! je vais grimper pour retrouver ma feuille. Allons, en marche ! en avant !

— Oui, en avant, toujours plus haut ! dit la petite crapaude. Elle n’est pas de trop bonne humeur ; c’est qu’elle a été fort effrayée. Du reste, elle pense comme moi : toujours en avant, toujours plus haut ! »

Elle leva la tête et porta ses regards vers le ciel. Elle aperçut sur le haut du toit d’une belle maison une cigogne, qui se tenait à côté de son nid, où était sa compagne.

« Qu’elles sont heureuses, se dit la petite crapaude, de demeurer si haut ! quand pourrai-je m’élever jusque-là ? »

logo jonas été


– Voilà….
Voilà…! la suite…

 

Dans la maison demeuraient deux amis, l’un était poète, l’autre naturaliste.
Le premier chantait avec joie toutes les merveilles de la création ; en vers sonores et harmonieux il décrivait les impressions de son cœur devant les œuvres de Dieu.
Le second regardait les choses de tout près à la loupe, les tournait, les retournait, employait le scalpel quand il en était besoin. La création pour lui était un simple problème de mathématiques.
Cependant il était intelligent et avait bon cœur. Les deux jeunes gens se convenaient parfaitement ; ils étaient gais tous deux. Ils se promenaient en ce moment dans le jardin.
« Tiens, dit le naturaliste, voilà un beau spécimen de crapaud ; je m’en vais le mettre dans l’esprit-de-vin. — Voyons, dit le poète, tu en as déjà deux pareils dans ton musée. Laisse donc cette pauvre bête jouir de la vie. — Mais, c’est qu’elle est si admirablement hideuse, répondit l’autre. — Si encore nous étions sûrs qu’elle eût dans la tête la pierre précieuse, reprit le poëte, alors je serais d’accord moi-même de la prendre et de l’ouvrir. — Une pierre précieuse ? est-il possible que tu ajoutes foi à ces niaiseries !

— Je trouve, dit le poète, un sens profond dans cette croyance populaire, que le crapaud, cet affreux animal, un des plus laids de la création, possède parfois renfermé dans sa tête un diamant splendide. N’en est-il pas de même chez les humains ? Ésope, Socrate étaient presque des monstres de laideur : leur esprit ne brille-t-il pas encore aujourd’hui comme la perle la plus précieuse ? »

Puis les deux amis allèrent se promener plus loin ; la petite crapaude avait échappé au danger de périr dans l’esprit-de-vin. Elle n’avait compris qu’à moitié ce qu’ils avaient dit. « Ils ont parlé de la pierre précieuse, pensa-t-elle. Heureusement que je ne l’ai pas ; ils m’auraient fait un mauvais parti pour s’en emparer. »

Un grand bruit se fit entendre sur le toit. Papa cigogne faisait la leçon à ses petits ; il leur montrait, en haussant les ailes, les deux jeunes gens.

« Comme ces créatures humaines s’en font accroire ! dit-il. Écoutez comme ils babillent sans cesse. Ils sont fiers de leur langue, de leur faconde. Une jolie langue ! À la distance d’une journée de vol ils ne se comprennent plus. Nous autres, nous nous entendons parfaitement, que nous nous rencontrions dans l’extrême nord ou au fond de l’Afrique. Et puis savent-ils voler ? Avons-nous besoin de l’homme, par hasard ? Eux, au contraire, ils sont heureux quand nous venons nicher sur leur toit.

— Quel sage discours ! pensa la petite crapaude. Et puis comme ils sont perchés haut ! – Comme ils savent bien nager ! » s’écria-t-elle en voyant papa cigogne s’élever dans les airs, les ailes étendues.

Maman cigogne instruisit à son tour les petits. Elle leur parla de l’Égypte, et des eaux du Nil, et de sa vase incomparable, toute grouillante de grenouilles.

« Dieu ! que je voudrais voir ce pays ! dit la petite crapaude. Si l’une de ces cigognes voulait donc m’y conduire ! L’Égypte, l’Égypte ! comment y parvenir ? Que je suis donc heureuse de toujours aspirer vers le beau, vers le bien ! sans cela j’aurais croupi toute ma vie dans le sombre puits. Cela vaut mieux que d’avoir une pierre précieuse dans la tête. »

Mais elle le possédait justement, le fameux diamant. Ce n’était autre chose que cette tendance constante vers le haut, vers le mieux. À l’intérieur de sa petite tête brillait vraiment une lueur magique.

Tout à coup papa cigogne arriva sur elle ; il l’avait aperçue dans l’herbe. Il la saisit brusquement avec son bec. La pauvre petite ressentit une vive douleur. Que lui importait ? La cigogne n’allait-elle pas la porter en Égypte ! Ses yeux brillaient de joie, ils lançaient des étincelles.

La cigogne serra le bec. Couac, couac ! La pauvre petite était morte ; son corps, du moins, était sans vie. Mais le feu de ses yeux qu’était-il devenu ? Un rayon de soleil l’avait recueilli ; le rayon de soleil emporta la pierre précieuse. Mais où ?

N’interroge pas le naturaliste, mais plutôt le poète. Il t’apprendra sous l’enveloppe d’un conte ce que tu désires savoir ; la chenille et la cigogne y figurent. Il te dira que la chenille se changera en un papillon aux couleurs éclatantes ; que la cigogne va et vient du Nord jusqu’en Afrique par le chemin le plus court, sans compas ni boussole ni carte. Et toujours elle sait retrouver son toit, même dans la plus grande ville. Cela paraît extraordinaire, incroyable, et cependant c’est la vérité. Demande au naturaliste, si tu ne l’as pas remarqué toi-même.

Mais la pierre précieuse de la petite crapaude ?

Cherche-la dans le soleil, si tu peux l’y distinguer.

Tu ne le pourras pas ; la lumière de l’astre est trop vive. Nous n’avons pas encore les yeux qu’il faut pour nous reconnaître au milieu des merveilles que Dieu a créées.
Mais nous les aurons un jour. Et alors ce sera le plus beau de tous les contes. Il sera vrai et nous y aurons tous notre rôle.

SOURCES :  wikipedia – https://www.iletaitunehistoire.com/genres/contes-legendes


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