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FLONFLON ADORE : « Les trois beaux moissonneurs »

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FLONFLON ADORE ….
Elle adore les résumés qui font croire aux autres

qu’elle a tout lu..!!!!

En lisant les Mémoires et récits de Frédéric Mistral, on est frappé par cette gracieuse légende, « les trois beaux moissonneurs »,

 

Voici la légende de Mistral.

a Paye des moissonneurs. Peinture de Léon-Augustin Lhermitte (1844-1925)

« Les trois beaux moissonneurs »

Les froments, cette année-là, avaient mûri presque tous à la fois, courant le risque d’être hachés par une grêle, égrenés par le mistral ou brouïs par le brouillard, et les hommes, cette année-là, se trouvaient rares.

Et voilà qu’un fermier, un gros fermier avare, sur la porte de sa ferme était debout, inquiet, les bras croisés et dans l’attente.
« Non, je ne plaindrais pas, disait-il, un écu par jour, un bel écu et la nourriture, à qui viendrait se louer ».
Mais à ces mots le jour se lève et voici que trois hommes s’avancent vers le mas, trois robustes moissonneurs :
l’un à la barbe blonde, l’un à la barbe blanche, l’un à la barbe noire. L’aube les accompagnait en les auréolant.

Maître, dit le capoulié (celui de la barbe blonde), Dieu vous donne le bonjour ; nous sommes trois gavots de la montagne, et nous avons appris que vous aviez du blé mûr, du blé en quantité : maître, si vous voulez nous donner de l’ouvrage, à la journée ou à la tâche, nous sommes prêts à travailler.
Mes blés ne pressent guère, le maître répondit ; mais pourtant pour ne pas vous refuser l’ouvrage, je vous baille, si vous voulez, trente sous et la vie. C’est bien assez par le temps qui court.

Or, c’était le bon Dieu, saint Pierre avec saint Jean.
A l’approche des sept heures, le petit valet de la ferme vient, avec l’ânesse blanche, leur apporter le déjeuner, et de retour au mas :

— Valet, lui dit le maître, que font les moissonneurs ?
— Maître, je les trouvai, couchés sur le talus du champ, qui aiguisaient leurs faucilles ; mais ils n’avaient pas coupé un épi.

A l’approche des dix heures, le petit valet de la ferme vient, avec l’ânesse blanche, leur apporter le dîner, et de retour au mas :

— Valet, lui dit le maître, que font les moissonneurs ?
— Maître, je les trouvai, couchés sur le talus du champ, qui aiguisaient leurs faucilles ; mais ils n’avaient pas coupé un épi.

A l’approche des quatre heures, le petit valet de la ferme vient avec l’ânesse blanche leur apporter le goûter, et de retour au mas :

— Valet, lui dit le maître, que font les moissonneurs ?
— Maître, je les trouvai, couchés sur le talus du champ, qui aiguisaient leurs faucilles ; mais ils n’avaient pas coupé un épi.
— Ce sont là, dit le maître, ce sont de ces fainéants qui cherchent du travail et prient Dieu de n’en point trouver. Pourtant il faut aller voir.

Et cela dit, l’avare, pas à pas, vient à son champ, se cache dans un fossé et observe ses hommes.

Mais alors le bon Dieu fait ainsi à saint Pierre :
« Pierre, bats du feu. — J’y vais. Seigneur, répond saint Pierre ».
Et saint Pierre de sa veste tire la clé du paradis, applique à un caillou quelques fibres d’arbre creux et bat du feu avec la clé.

Puis le bon Dieu fait à saint Jean :
« Souffle, Jean ! — J’y vais, Seigneur, répond saint Jean ».

Et saint Jean souffle aussitôt les étincelles dans le blé avec sa bouche ; et d’une rive à l’autre un tourbillon de flamme, un gros nuage de fumée enveloppent le champ. Bientôt la flamme tombe, la fumée se dissipe, et mille gerbes tout à coup apparaissent, coupées comme il faut, comme il faut liées, et comme il faut aussi en gerbiers entassés. Et cela fait, le groupe remet aux carquois les faucilles et au mas lentement s’en revient pour souper, et tout en soupant :

— Maître, dit le chef des moissonneurs nous avons terminé le champ… demain pour moissonner, où voulez-vous que nous allions ?
— Capoulié, répondit le maître avaricieux, mes blés dont j’ai fait le tour, ne sont pas mûrs du reste. Voici votre payement ; je ne puis plus vous occuper.

Et alors les trois hommes, les trois beaux moissonneurs, disent au maître :
– Adieu !
Et chargeant leurs faucilles rengainées derrière le dos, s’en vont tranquilles en leur chemin :
Le bon Dieu au milieu, saint Pierre à droite, saint Jean à gauche, et les derniers rayons du soleil qui se couche les accompagnent au loin, au loin.

Le lendemain, le maître de grand matin se lève et joyeusement se dit en lui-même :

« N’importe ! j’ai gagné ma journée en allant épier ces trois hommes sorciers : maintenant j’en sais autant qu’eux ».

Repos après la moisson. Peinture de Léon-Augustin Lhermitte (1844-1925)

Et appelant ses deux valets, dont un avait nom Jean et l’autre Pierre, il les conduit à la plus grande des emblavures de la ferme.
Sitôt arrivés au champ, le maître dit à Pierre :
« Pierre, toi, bats du feu. — Maître, j’y vais, répliqua Pierre ».
Et Pierre de ses braies tire alors son couteau, applique à un silex quelques fibres d’arbre creux et le couteau bat du feu.
Mais le maître dit à Jean :
« Souffle Jean ! — Maître, j’y vais, répliqua Jean ».

chouette-prof
Et Jean avec sa bouche souffle au blé les étincelles…
Aïe ! aïe ! aïe ! la flamme affolée, enveloppe la moisson ; les épis s’allument, les chaumes pétillent ; le grain se charbonne ; et penaud, l’exploiteur, quand la fumée s’est dissipée, ne voit, au lieu de gerbes, que braise et poussier noir…. !!!!

SOURCE :
On est frappé par un trait de ressemblance avec  la légende du « chanvre et du feu » recueillie de la bouche des anciens, au sujet du bon saint Menoux.
http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1989

FLONFLON ADORE … LIRE

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FABLES: Le Pot de terre et le Pot de fer

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LE CHOURISTEEsope a écrit un texte très court, « Les Pots», que La Fontaine a eu tout loisir d’amplifier et de travailler selon son génie.
Il utilise ici l’heptasyllabe (mêlé à l’alexandrin dans la dernière partie de la fable), ce qui confère à celle-ci un caractère sautillant.
Collinet établit une comparaison entre le texte ci-dessous et le passage de l’Ecclésiastique, XIII, 2-3 « N’entrez point en société avec un plus riche que vous.
Quelle union peut-il y avoir entre un pot de terre et un pot de fer ?

Car lorsqu’ ils se heurteront l’un contre l’autre, celui de terre sera brisé. » Mais le thème du récit a été repris et amplifié par bien d’autres auteurs, certains ayant pourvu le pot de terre de plus de prudence – et donc d’une plus longue vie – que chez La Fontaine.

Le Pot de terre et le Pot de fer

Le Pot de fer proposa
Au Pot de terre un voyage.
Celui-ci s’en excusa,
Disant qu’il ferait que sage
De garder le coin du feu :
Car il lui fallait si peu,
Si peu, que la moindre chose
De son débris serait cause :
Il n’en reviendrait morceau.
« Pour vous, dit-il, dont la peau
Est plus dure que la mienne,
Je ne vois rien qui vous tienne.
– Nous vous mettrons à couvert,
Repartit le Pot de fer :
Si quelque matière dure
Vous menace, d’aventure,
Entre deux je passerai,
Et du coup vous sauverai. »
Cette offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses côtés.
Mes gens s’en vont à trois pieds,
Clopin-clopant, comme ils peuvent,
L’un contre l’autre jetés
Au moindre hoquet qu’ils trouvent.
Le Pot de terre en souffre ; il n’eut pas fait cent pas
Que par son compagnon il fut mis en éclats,
Sans qu’il eût lieu de se plaindre.
Ne nous associons qu’avecque nos égaux ;
Ou bien il nous faudra craindre
Le destin d’un de ces pots.

Ce que ferait un sage ; il ferait sagement. Locution archaïque.

De son débris: Action de se casser..

Il n’en reviendrait morceau: Pas le moindre morceau.

Qui vous tienne: qui vous retienne.

Entre deux: Entre vous deux.

A trois pieds: Comme les marmites qui avaient trois pieds.

CHOU FLEUR

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ALLEZ MAMY RACONTE : Le petit poucet

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Logo allez mamy raconte étéALLEZ MAMY…! RACONTE….! est une série pour les petits et les grands enfants..!
Tout cet été dans la Chouette, ma Mamy se transformera en conteuse de bord de mer….ou d’Arrière pays….
Préparez les esquimaux glacés…..
Pour les autres ….??
ceux qui ne partent pas en vacances faute de moyens ou de forces pour assumer le voyage….
Ben..! Faisons les rêvez…..!
Aujourd’hui:
LE PETIT POUCET

logo mamy turlututu smallLes chers enfants moi aussi j’avais une grand mère qui, comme moi, aimait à raconter des histoires à la choupinette que j’étais en ce temps là….!

Elle se plaisait à me parler des histoires du temps jadis que les grands mères racontaient de génération en génération depuis le moyen âge…..l’histoire des chaussons ensorcelés…..

AUJOURD’HUI C’EST : Le petit poucet

logo mamy turlututu smallMes chers enfants moi aussi j’avais une grand mère qui, se plaisait à me parler d’histoires qui m’aidaient à mieux me connaitre ou à découvrir le monde ..

je me rappelle du jour où elle m’a raconté : Le petit poucet … Cela m’a marquée je m’en rappelle encore..
j’étais morte de peur..!
ÉCOUTEZ …..

 – ALLEZ.. ACTION Mamy..!
Tu la lis .. tu la lis …!!!

 

– OUI OUI mon petit Jonas …
Attendez un peu que Papy vous parle de Charles Perrault et des gravures de Gustave Doré….

 

 

LE PETIT POUCET

LE CHOURISTE
Le petit poucet
est un conte écrit par
Charles Perrault

Charles Perrault
, , est un homme de lettres français, célèbre pour ses Contes  Charles Perrault est l’un des grands auteurs du XVIIe siècle. L’essentiel de son travail consiste en la collecte et la retranscription de contes issus de la tradition orale française.

Les Contes    –    Chronologie des éditions

 La Belle au Bois dormant

En 1691, Perrault publie une « nouvelle » en vers :
La Marquise de Salusses ou la Patience de Griselidis

En 1693, il publie un premier « conte en vers » dans le Mercure galant :
Les Souhaits ridicules
En 1694, il réunit dans une même édition les deux œuvres précédentes et y ajoute une troisième histoire, deuxième « conte en vers » :
Peau d’âne
En 1696 paraît dans le Mercure galant un conte en prose : La Belle au bois dormant
L’année suivante, sort de chez Claude Barbin un volume intitulé Histoires ou Contes du temps passé (1697). Ce volume contient les huit contes en prose suivants :

Bon on y va Mamy …
ou quoi ?

– Voilà…. Voilà…!

 

Un bûcheron et sa femme n’ont plus de quoi nourrir leurs sept garçons. Un soir, alors que les enfants dorment, les parents se résignent, la mort dans l’âme, à les perdre dans la forêt.

 

Heureusement, le plus petit de la fratrie, âgé de sept ans, surnommé Petit Poucet en raison de sa petite taille, espionne la conversation.

 

Prévoyant, il se munit de petits cailloux blancs qu’il laissera tomber un à un derrière afin que lui et ses frères puissent retrouver leur chemin. Le lendemain, le père met son sinistre plan à exécution. Mais le Petit Poucet et ses frères regagnent vite leur logis grâce aux cailloux semés en chemin.

–  On dit que Les parents sont heureux de les revoir car, entre-temps, le seigneur du village avait enfin remboursé aux bûcherons l’argent qu’il leur devait.

– Mais ce bonheur ne dure que le temps de cette prospérité éphémère.

Lorsqu’ils se retrouvent dans la pauvreté première, les parents décident à nouveau d’abandonner leurs sept enfants dans la forêt.

Ils s’assurent de fermer la porte de la maison à clef afin que le Petit Poucet ne puisse pas aller ramasser des cailloux. Il tente donc à la place, au moment du trajet, de laisser tomber des petits morceaux du pain que leur mère leur a donné à lui et à ses frères, mais le pain est mangé par des oiseaux.

C’est ainsi que lui et ses frères se retrouvent perdus dans la forêt. Ils arrivent alors devant une chaumière et demandent à y loger.
La femme habitant en cette maison essaie de les persuader de ne pas entrer puisque son mari est un ogre qui mange les petits enfants. Mais le Petit Poucet, préférant l’ogre aux loups de la forêt, insiste pour y entrer avec ses frères.
logo mamy turlututu smallLe soir venu, la femme les cache sous un lit mais son ogre de mari attiré par une « odeur de chair fraîche » a vite fait de découvrir la cachette des jeunes enfants. Elle réussit toutefois à le convaincre de remettre au lendemain son festin.

Les petits sont ensuite couchés dans la chambre des sept filles de l’ogre. Durant la nuit, Poucet échange son bonnet et celui de ses frères contre les couronnes d’or des filles de l’ogre, dans l’éventualité où l’ogre exécuterait son forfait pendant leur sommeil.

En effet, l’ogre entre dans la chambre pendant la nuit, et, croyant que ce sont les sept garçons, tue ses sept filles.

– WOUAHOOUUUU

L’ogre retourne se coucher, les petits s’enfuient et l’ogre fou de rage part à leur recherche en enfilant ses bottes de sept lieues.

Fatigué, il s’assied sur la pierre sous laquelle les enfants se sont cachés et s’endort.

 

Le Petit Poucet convainc ses frères de rentrer à leur maison tandis qu’il enfile les bottes de sept lieues et court jusqu’à la chaumière de l’ogre.


Pour les Mamys qui font le repassage en même temps ….
Voici
le conte radiophonique (durée  12 minutes) d’après un 45 tours fin des années 70 – début 80.

Moralité de l’histoire

« On ne s’afflige point d’avoir beaucoup d’enfants,
Quand ils sont tous beaux, bien faits et bien grands,
Et d’un extérieur qui brille ;
Mais si l’un d’eux est faible ou ne dit mot,
On le méprise, on le raille, on le pille ;
Quelquefois cependant c’est ce petit marmot
Qui fera le bonheur de toute la famille. »

LE CHOURISTE

« Il les tira de dessous le lit, l’un après l’autre. » Illustration de 1867 de Gustave Doré

« Le petit Poucet » est un des contes les plus cruels que j’ai pu lire enfant.

Un de ces récits qui vous terrifient et s’ancrent à jamais en vous.
La question de lire un tel conte aux choupinets est posée. Passer par les originaux de Doré me semble être la meilleure façon de leur faire connaître cette histoire.
Mais aujourd’hui encore, je peine à lire cette cruauté étalée.
Des enfants abandonnés, des parents cruels, des filles égorgées, un ogre qui mange ses propres enfants …
Si je ne reviens pas sur l’importance des contes, je reviens sur la portée inconsciente de celui-ci.


SOURCES :
wikipedia –

 

logo mamy raconte aux pitchousALLEZ MAMY RACONTE…!
retour sur la rubrique du même tabac
RETRO : C’est une récap des histoires déjà racontées….

 

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