Ne rougissez pas de votre accent


FLONFLON ADORE …. LIRE
Elle adore les résumés qui font croire aux autres
qu’elle a tout lu..!!!!

Quand elle fouine dans le grenier de son Papy Pierre elle trouve parfois des textes anciens qu’elle adore faire découvrir…. Surtout quand ces extraits et dessins sont de 1918..!

PAPY Pierre était  un catalan écrivain dans sa langue natale …
Alors l’accent  il l’avait gardé même après les invasions « barbares » de sa terre natale…
Voici un texte qui lui ressemble….

Ne rougissez pas de votre accent

On a l’habitude à Paris de se moquer de l’accent provincial, alors que l’accent de Montmartre, n’est-ce pas? ..
Mais ne rougissons de notre accent, le poète nous Ie recommande; et ce poète est M. Miguel Zamacoïs qui fait tenir le langage suivant à l’un des héros de sa pièce en vers :
La
Fleur merveilleuse, (pièce en 4 actes, Paris, Comédie-Française, 23 mai 1910.)

ILS L’ONT DIT SUR LE NET

« Je suis enchantée d’avoir trouvé une belle édition anglaise de 1929 de « La fleur merveilleuse », pièce en 4 actes écrite par Miguel Zamacoïs en 1909. Très beau titre pour cette découverte. J’ai adoré cette pièce de théâtre en vers dans sa version originale en français. »

Miguel Zamacoïs,  , est un romancier, auteur dramatique, poète et journaliste français.

Il a commencé à peindre comme son père, mais il s’est vite concentré sur l’écriture.
Outre une douzaine de pièces, dont Les Bouffons, créée par Sarah Bernhardt, il est l’auteur de livrets d’opéras, de contes et de poèmes fantaisistes. Il est aussi l’auteur de L’Arche de Noé (1911), recueil de poèmes animaliers, et de La Française (1915), marche militaire mise en musique par Camille Saint-Saëns.
Pendant les années 1930, il collabore au journal Je suis partout. En 1948, il fait paraître un volume de souvenirs, Pinceaux et stylos, qui retrace soixante ans de vie parisienne. I

L’ACCENT

« De l’accent ! De l’accent ! Mais après tout en-ai-je ?
Pourquoi cette faveur ? Pourquoi ce privilège ?
Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,
Que c’est vous qui pour nous semblez l’avoir très fort
Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,
« Ces gens là n’ont pas le parler de tout le monde ! »
Et que, tout dépendant de la façon de voir,
Ne pas avoir l’accent, pour nous, c’est en avoir…

Eh bien non ! je blasphème ! Et je suis las de feindre !
Ceux qui n’ont pas d’accent, je ne puis que les plaindre !
Emporter de chez soi les accents familiers,
C’est emporter un peu sa terre à ses souliers,
Emporter son accent d’Auvergne ou de Bretagne,
C’est emporter un peu sa lande ou sa montagne !
Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s’enfuit,
L’accent ? Mais c’est un peu le pays qui vous suit !
C’est un peu, cet accent, invisible bagage,
Le parler de chez soi qu’on emporte en voyage !
C’est pour les malheureux à l’exil obligés,
Le patois qui déteint sur les mots étrangers !

Avoir l’accent enfin, c’est, chaque fois qu’on cause,
Parler de son pays en parlant d’autre chose !…
Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent !
Je veux qu’il soit sonore, et clair, retentissant !
Et m’en aller tout droit, l’humeur toujours pareille,
En portant mon accent fièrement sur l’oreille !
Mon accent ! Il faudrait l’écouter à genoux !
Il nous fait emporter la Provence avec nous,
Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages
Comme chante la mer au fond des coquillages !
Écoutez ! En parlant, je plante le décor
Du torride Midi dans les brumes du Nord !
Mon accent porte en soi d’adorables mélanges
D’effluves d’orangers et de parfum d’oranges ;
Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris
De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,
Et le petit village où les treilles splendides
Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides !
Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,
À toutes mes chansons donne un même refrain,
Et quand vous l’entendez chanter dans ma parole
Tous les mots que je dis dansent la farandole ! »



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