Archives mensuelles : août 2018

PÉPÉ LOUSTIC : LA VACANCE DE M HULOT..!


c’est à la rentrée que l’on présente les nouveaux venus …

– Pépé loustic sera le nouveau rédacteur en chef du vendredi de l’humour


– Vera ALOE verra votre avenir avec la complicité d’Humour » son chat noir

– Les jumeaux pit
choux vous
livreront leurs réflexions grâce à la plume de notre fidèle dessinateur Catala


Je vois déjà que certains d’entre vous, qui ont besoin d’un âne pour tirer leur charrue, dans leur pote âgé central, seront plus proche de moi s’ils m’appellent ALOE VERA...
(NDLR: Ne remerciez pas, l’artiste à l’habitude… Elle a des enfants en maternelle… C’est du « vers lent » pour culs terreux et autres pêcheurs du dimanche)

Pour le choix de votre voyante suivez mes conseils :

Voyance et manigance

Une femme va consulter la voyante.
Celle ci lui tire les tarots et dit:
– Vous allez rencontrer un homme brun, très séduisant et riche.
Je vois de la passion et un mariage.
Vous connaitrez un bonheur sans nuages et vos désirs seront comblés…
– Puis je vous poser une question ? dit la femme
– Bien sur. dit la voyante
– Voyez vous aussi comment je vais me débarrasser de mon mari actuel ?

L’extralucide

La Voyante   dit au client venu la consulter :
– Sans vous avoir vu jamais, je peux vous dire que vous êtes boxeur.
– Mais vous êtes extraordinaire !
– Maintenant, si vous voulez que je lise dans vos lignes de la main le résultat de votre prochain combat,
ce serait peut-être plus pratique de retirer vos gants de boxe !

Un homme pour l’avenir de la planète svp

Jupiter sortant de l’Élisée passe incognito chez une voyante
– Qui suis-je madame demande-t il..?
– Vous êtes un homme important..!
– Ben c’est évident puisque je suis le président de tous les français
– ça c’est ce que vous croyez monsieur..!
– ???
La voyante renonçant à lui expliquer demande :
– Avez vous une autre question?
– Oui.. Pourriez vous me dire qui sera le prochain ministre de l’environnement
– JOKER
– C’ est qui lui ?

@@§§§[{€€€##&&.§§§§§!!!!!

DES PETITS NOUVEAUX DANS LA CHOUETTE

Ils sont deux…..  Des jumeaux peut être….? car ils sont si différents..!

PitchouAC en a marre depuis longtemps…!
PitchouAV il est bon, naif et il bénit tout ce qu’on lui dit..!

La dernière éclipse et les déboires de JUPITER… constitue le support de leurs réflexions

LES PITCHOUX SONT DANS LA TUNE

Il vaut peut être mieux attendre pleine tune…..
ou nœud lunaire

 

 

 

 

LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE…
(Avant ou arrière…?)

IL Y AVAIT DES LOUSTICS ÉCOLOS….
IL Y AVAIT DES LOUSTICS RETRAITÉS

BIENTÔT IL NE RESTERA PLUS QUE LES CHASSEURS … DES PALACES..!

 

 

– BIZARRE…
Certains français continuent de marcher … ???

Uniquement ceux qui ont des cannes blanches

LA VACANCE DE M HULOT

Relisez les synopsis du film de jacques TATI 1954
Les Vacances de Monsieur HULOT

Monsieur Hulot arrive en vacances dans un paisible hôtel familial au bord de la mer. Il se montre maladroit et commet de nombreuses bourdes. À travers différentes anecdotes, le film présente une galerie de types de vacanciers (à une époque où les vacances à la mer deviennent le rite annuel). À la fin de leur séjour, les vacanciers repartent sans que rien d’important ne se soit passé…
RIGOLO..!!!!

– OUI Monsieur le président… On est dessus….
On vous cherche son remplaçant :
Un charmeur de serpents sachant avaler les Gros bras
..?
Type fakir pouvant marcher sur les braises et ne sentant pas les piqures d’abeilles…
Bien sûr on n’a pas ça en FRANCE…
– mmm..

OUI OUI  OUI ..! On va voir le Canada… Avant l’Inde
– OK … Si vous trouvez pas, on va faire tomber DE RUGIS de son perchoir ça évitera des problèmes au terme de ces deux ans et demi de fonction (annoncés)

NDLR: ( Pour nos potes âgés que leurs Germainse ont enfermé trop longtemps sous une cloche à salades)

RTL Publié le 27/06/2017 à 15:23

La XVe législature de la Ve République a officiellement débuté ce mardi 27 juillet en début d’après-midi, mais le nom du président ou de la président de l’Assemblée nationale ne sera connu qu’en fin d’après-midi, après le vote des 577 députés.
Richard Ferrand, récemment élu à la tête des députés de La République en Marche, a cependant annoncé que le « perchoir » et tous les autres postes à responsabilité détenu par la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale seront remis en jeu à mi-mandat, dans deux ans et demi.


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Pépé Loustic
connait la chanson

SURTOUT LES MARCHES IMPÉRIALES

LES DRÔLES DE LOUSTICS :

Un jeune couple dîne romantiquement et l’homme dit tendrement:

 – Tu sais ce que j’aime dans tes yeux ?
 – Non c’est quoi mon amour ?
– Mon reflet…

LES DEVINETTES DE
PÉPÉ LOUSTIC

DE M BENALLA:
Que faire si la violence ne résout pas ton problème,
- c' est que tu ne frappes pas assez fort

 

Connaissez vous une courte prière-nom de Dieu

Deux – Quel est le minimum du pluriel.


LES LOUSTICS AVEC OU CENT BOULOTS

« Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. »
( Emmanuel Macron)

SOUVENIRS …  SOUVENIRS

Selon une étude, on a ,dans le monde entier,  gaspillé 5 fois plus d’argent pour des implants mammaires et du Viagra, que pour la recherche contre la maladie d’Alzheimer.

On peut donc conclure que dans 30 ans, il y aura un très grand nombre de personnes avec de gros nichons et de superbes érections, mais incapables de se rappeler à quoi tout cela sert !

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– Moi pour mon moral, j’arrête de manger des œufs…. Pensez….!!!!
L’œuf
à la coque est  un oeuf dur qui n’a pas réussi et l’œuf dur est un œuf à la coque qui a mal tourné.
Pas étonnant qu’on l’ait dans l’œuf si souvent…!

SOURCES :
– Mes contributeurs
– Dessins de Catala d’après les dessins d’Alice et pixar
– Divers sites internet pour les blagues



Pépé LOUSTIC

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Saints guérisseurs: SAINT FIACRE – Contre les hémorroïdes

UNE SERIES POUR TOUT CONNAITRE SUR NOS SAINTS GUERISSEURS -un par mois

    SAINT FIACRE  

  VII ème siècle – Fête le 30 aout
Patron des jardiniers et des taxiteurs

Il mourut semble-t-il le 30 août 670. Le corps du saint fut mis en châsse sous le règne de saint Louis et conservé d’abord dans le prieuré de SaintFiacre-en-Brie, puis, pendant les guerres de religion, les reliques furent transportées à la cathédrale de Meaux.

INVOQUÉ :
Pour l’abondance des fruits de la terre : Contre les hémorragies, hémorroïdes, la colique , le cancer, les fistules, les chancres, le mal de tête, les maladies vénériennes et dans les calamités publiques


SAINT PATRON:

Des jardiniers, fleuristes, maraichers, taxiteurs, emballeurs,chaudronniers, tuiliers, bonnetiers 

   LA VIE DE SAINT FIACRE

Saint Fiacre était un moine Irlandais né au VIIème siècle qui se retira en France, dans la Brie.
Avec quelques compagnons, Fiacre fonda un monastère et évangélisa la région de Meaux. Meaux se trouvait alors sur une route gallo-romaine très fréquentée par les pèlerins anglais et irlandais se rendant à Rome. Saint Fiacre obtint de saint Faron, alors évêque de Meaux, la concession d’un lieu appelé Breuil (aujourd’hui saint Fiacre en Brie). Il y installa son monastère et se fit très vite une réputation de charité et de sainteté. Des miracles lui furent attribués, comme la guérison de toutes sortes de maladies par l’imposition des mains.

LA LÉGENDE DE SAINT FIACRE
Le domaine devint vite trop petit pour subvenir à ses besoins car il désirait créer un jardin pour planter des légumes et diverses herbes. Saint Faron lui permit de l’agrandir en lui accordant tout le territoire qu’il pourrait enclore d’un fossé en une journée. Ce fossé, il devait le creuser avec son bâton, suffisamment important pour qu’aucune femme ne puisse le franchir. Dans la légende le bâton est devenu bêche, et Saint Fiacre alla si vite en besogne que les arbres semblaient tomber d’eux-mêmes à son passage.
Il y planta des légumes, Fiacre pense même aux plantes médicinales pour les malades et aux fleurs, « ces sourires de la terre » pour orner le petit oratoire qu’il bâtit en l’honneur de Marie.
Le fossé ne dut pas plaire à une femme du pays, qui alla l’accuser de sorcellerie, et, selon certains, de bien d’autres choses innommables. Très attristé, saint Fiacre alla s’assoir sur une pierre qui s’amollit sous son poids afin de lui servir de siège. Saint Faron vint constater les faits et, discernant à travers ces prodiges l’intervention divine, rendit son jugement en faveur de l’Irlandais.
Sa sainteté une fois reconnue, Saint Fiacre put poursuivre son existence de prière et de charité sous la protection de Notre Dame à laquelle il dédia son monastère. Il  installa des religieux et fonda un hôpital. Les pauvres, venaient pour être secourus. A l’hospice il les recevait tous par charité, les servant lui-même. Il lui arrivait de guérir miraculeusement l’un ou l’autre. Aucune femme n’était tolérée près de son ermitage, ni même dans sa chapelle. C’est du moins ce que colportent certaines de ses légendes.
Le choix, déjà ancien de Saint Fiacre comme patron de ceux qui souffrent de maladies vénériennes provient probablement de sa réputation de misogyne.

LES GUÉRISONS DE SAINT FIACRE

La dévotion à Saint Fiacre remonte au Moyen Age  sa renommée de guérisseur de ne faiblit pas après sa mort. Son reliquaire fut l’objet de pèlerinages pendant des siècles.et on venait l’invoquer pour toute sortes de maladies.
Anne d’Autriche attribua à sa médiation la guérison de Louis XIII à Lyon, où le roi était tombé dangereusement malade. En action de grâces, elle se rendit à pieds en pèlerinage auprès de la tombe du saint. Plus tard elle envoya un don en remerciement pour la naissance de son fils, le futur Louis XIV.

Après sa mort  vers 670 au Breuil se construit autour du monastère un village qui portera son nom. Les pèlerins affluent sur son tombeau pour demander la guérison de toutes sortes de maux. On venait même autrefois l’invoquer contre les hémorroïdes, le « mal de saint Fiacre », la tradition affirmant qu’il suffisait de s’asseoir sur la pierre sur laquelle le saint avait l’habitude de s’asseoir pour être guéri.

  PRIÈRE A SAINT FIACRE

Qui est maladie mortelle
Qui dedans le corps humain entre
De flux de sang, d’hémorroïdes
De cancers et de vers
Dont médecin ne peut guérir,
Saint Fiacre, tu me peux secourir
Je t’en supplie dévotement
Qu’à mon âme, premièrement,
Tu donnes la gloire éternelle
Et à mon corps mêmement,
Tu rendes une santé parfaite
Ainsi soit-il

 

Saint Fiacre, patron des chauffeurs de taxi

C’est tout à fait par hasard que Saint Fiacre devint le patron des chauffeurs de taxi.

En effet, le premier lieu au monde où commença la location d’équipages était à Paris, près de l’hôtel SaintFiacre.

C’est tout naturellement que ces voitures de location furent appelées desFiacres”.

Précédente rubrique :  SAINT CHRISTOPHE
La ligne éditoriale de cette série est accessible 
  BON COURAGE...!

Chou Blanc est effectivement magnétiseur -voir son site cliquez

CHOU BLANC (Les autres saints guérisseurs – faire catégorie SAINT THOL )

RETRO :
retour sur la rubrique du même tabac C’est du même tabac…..

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FLONFLON ADORE : les contes du lundi d’A.DAUDET


FLONFLON ADORE ….LIRE
Elle adore les résumés qui font croire aux autres

qu’elle a tout lu..!!!!

En lisant les
CONTES DU LUNDI D’ALPHONSE DAUDET
le devoir de mémoire devient facile car il est mémoire de mioches alsaciens ballotés par les guerres…. Les mots créaient des maux .. indélébiles car ces mioches là en parlent encore assis sur leur petit nuage … enfin bleu blanc rouge..!  »,

Contes du lundi est un recueil de nouvelles en trois parties de l’écrivain français Alphonse Daudet.

Publié en 1873 ils sont inspiré des événements de la guerre franco-prussienne, il dresse des tableaux réalistes de la vie de l’époque :

le peuple de Paris soumis aux privations, les événements de la Commune et la répression des Versaillais.

Alphonse Daudet exalte aussi la tristesse de la perte de l’Alsace-Lorraine à travers « La Dernière Classe », le récit le plus connu de cet ouvrage.

L’Alsace-Lorraine  est le territoire cédé par la France à l’Empire allemand en application du traité de Francfort, signé le après la défaite française.
Au sens strict, l’entité politique qui a été couramment appelée Alsace-Lorraine, et qui portait le nom officiel de Reichsland Elsaß-Lothringen, correspond au territoire de l’Alsace-Moselle, c’est-à-dire aux actuels départements français du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle.
Dans la France entière dès 1871, en mémoire des régions perdues, un grand nombre de rues, avenues, boulevards, places et cours ont été baptisés du nom « d’Alsace-Lorraine »  Sur la place de la Concorde à Paris, la statue représentant la ville de Strasbourg fut fleurie et voilée d’un drap noir jusqu’à l’armistice de 1918.


LA DERNIÈRE CLASSE – RACONTÉE PAR FERNANDEL

La dernière classe
(récit d’un petit Alsacien)
 
Ce matin-là, j’étais très en retard pour aller à
l’école, et j’avais grand-peur d’être grondé, d’autant que M. Hamel nous avait dit qu’il nous interrogerait sur les participes, et je n’en savais pas le premier mot.
Un moment l’idée me vint de manquer la classe et de prendre ma course à

travers champs.

 

Le temps était si chaud, si clair !
On entendait les merles siffler à la lisière du
bois, et dans le pré Rippert, derrière la scierie, les Prussiens qui faisaient l’exercice.
Tout cela me tentait bien plus que la règle des participes; mais j’eus la force de résister, et je courus bien vite vers l’école.
En passant devant la mairie, je vis qu’il y avait du monde arrêté près du petit grillage aux affiches.
Depuis deux ans, c’est de là que nous sont venues toutes les mauvaises nouvelles, les
batailles perdues, les réquisitions, les ordres de la commandature ; et je pensai sans m’arrêter :
« Qu’est-ce qu’il y a encore ? »
Alors, comme je traversais la place en courant, le forgeron Wachter, qui était là avec son
apprenti en train de lire l’affiche, me cria :
« Ne te dépêche pas tant, petit ; tu y arriveras toujours assez tôt à ton école ! »
Je crus qu’il se moquait de moi, et j’entrai tout essoufflé dans la petite cour de M. Hamel.
D’ordinaire, au commencement de la classe, il se faisait un grand tapage qu’on entendait jusque
dans la rue : les pupitres ouverts, fermés, les leçons qu’on répétait très haut tous ensemble en
se bouchant les oreilles pour mieux apprendre, et la grosse règle du maître qui tapait sur les tables :
« Un peu de silence ! »
Je comptais sur tout ce train pour gagner mon banc sans être vu ; mais, justement, ce jour-là,
tout était tranquille, comme un matin de dimanche. Par la fenêtre ouverte, je voyais mes
camarades déjà rangés à leurs places, et M.Hamel, qui passait et repassait avec la terrible
règle en fer sous le bras. Il fallut ouvrir la porte et entrer au milieu de ce grand calme. Vous pensez,si j’étais rouge et si j’avais peur !
Eh bien ! non. M Hamel me regarda sans colère et me dit très doucement :

« Va vite à ta place, mon petit Franz; nous allions commencer sans toi. »

J’enjambai le banc et je m’assis tout de suite à mon pupitre.
Alors seulement, un peu remis de ma frayeur, je remarquai que notre maître avait sa belle redingote verte, son jabot plissé fin et la calotte de soie noire brodée qu’il ne mettait que
les jours d’inspection ou de distribution de prix.

Du reste, toute la classe avait quelque chose d’extraordinaire et de solennel.

Mais ce qui me surprit le plus, ce fut de voir au fond de la salle, sur les bancs qui restaient vides d’habitude, des gens du village assis et silencieux comme nous :

le vieux Hauser avec son tricorne, l’ancien maire l’ancien facteur, et puis d’autres personnes encore.
Tout ce monde-là paraissait triste ; et Hauser avait apporté un vieil abécédaire mangé aux bords qu’il tenait grand ouvert sur ses genoux, avec ses grosses lunettes posées en travers des pages.

Pendant que je m’étonnais de tout cela, M. Hamel était monté dans sa chaire, et de la même voix douce et grave dont il m’avait reçu, il nous dit :

« Mes enfants, c’est la dernière fois que je vous fais la classe. L’ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l’allemand dans les écoles de l’Alsace et de la Lorraine…
Le nouveau maître arrive demain. Aujourd’hui, c’est votre dernière leçon de français.
Je vous prie d’être bien attentifs. »
« Le nouveau maître arrive demain.
Aujourd’hui, c’est votre dernière leçon de français.

Je vous prie d’être bien attentifs. »
Ces quelques paroles me bouleversèrent.
Ah! les misérables, voilà ce qu’ils avaient affiché à la mairie.
Ma dernière leçon de français !…
Et moi qui savais à peine écrire !
Je n’apprendrais donc jamais !
  Il faudrait donc en rester là !… Comme je m’en voulais maintenant du temps perdu, des classes manquées à courir les nids ou à faire des glissades sur la Saar !
Mes livres que tout à l’heure encore je trouvais si ennuyeux, si lourds à porter, ma grammaire, mon histoire sainte me semblaient à présent de vieux amis qui me feraient beaucoup de peine à quitter.
C’est comme M. Hamel. L’idée qu’il allait partir,que je ne le verrais plus, me faisait oublier les
punitions, les coups de règle.
Pauvre homme !
C’est en l’honneur de cette dernière classe qu’il avait mis ses beaux habits du dimanche, et
maintenant je comprenais pourquoi ces vieux du village étaient venus s’asseoir au bout de la salle.
Cela semblait dire qu’ils regrettaient de ne pas y être venus plus souvent, à cette école. C’était
aussi comme une façon de remercier notre maître de ses quarante ans de bons services, et de rendre leurs devoirs à la patrie qui s’en allait…
J’en étais là de mes réflexions, quand j’entendis appeler mon nom.
C’était mon tour de réciter. Que n’aurais-je pas donné pour pouvoir dire tout au long cette fameuse règle des
participes, bien haut, bien clair, sans une faute;
mais je m’embrouillai aux premiers mots, et je
restai debout à me balancer dans mon banc, le
cœur gros, sans oser lever la tête.
J’entendais M.
Hamel qui me parlait :
« Je ne te gronderai pas, mon petit Franz, tu
dois être assez puni… Voilà ce que c’est. Tous les
jours on se dit :
Bah ! j’ai bien le temps. J’apprendrai demain.

Et puis tu vois ce qui arrive…

Ah! ça été le grand malheur de notre Alsace de toujours remettre son instruction à demain.
Maintenant ces gens-là sont en droit de nous dire: Comment ! Vous prétendiez être français, et vous ne savez ni lire ni écrire votre langue!…
Dans tout ça, mon pauvre Franz, ce n’est pas encore toi le plus coupable. Nous avons tous notre bonne part de reproches à nous faire.

« Vos parents n’ont pas assez tenu à vous voir

instruits. Ils aimaient mieux vous envoyer travailler à la terre ou aux filatures pour avoir quelques sous de plus.

Moi-même, n’ai-je rien à  me reprocher ?
Est-ce que je ne vous ai pas

souvent fait arroser mon jardin au lieu de travailler?
Et quand je voulais aller pêcher des truites, est-ce que je me gênais pour vous donner
congé ?… »
Alors, d’une chose à l’autre, M. Hamel se mit à nous parler de la langue française, disant que
c’était la plus belle langue du monde, la plus claire, la plus solide : qu’il fallait la garder entre
nous et ne jamais l’oublier, parce que, quand un peuple tombe esclave, tant qu’il tient bien sa
langue, c’est comme s’il tenait la clef de sa prison – («S’il tient sa langue, –il tient la clé qui de ses chaînes le délivre.» F. Mistral.)
… Puis il prit une grammaire et nous lut
notre leçon. J’étais étonné de voir comme je comprenais.
Tout ce qu’il disait me semblait facile, facile. Je crois aussi que je n’avais jamais si bien écouté et que lui non plus n’avait jamais mis autant de patience à ses explications.
On aurait dit qu’avant de s’en aller le pauvre homme voulait nous donner tout son savoir, nous le faire entrer dans la tête d’un seul coup.
La leçon finie, on passa à l’écriture. Pour ce jour-là, M. Hamel nous avait préparé des exemples tout neufs, sur lesquels était écrit en belle ronde :
France, Alsace, France, Alsace.
Cela faisait comme des petits drapeaux qui flottaient tout autour de la classe, pendus à la
tringle de nos pupitres. Il fallait voir comme chacun s’appliquait, et quel silence !
On n’entendait rien que le grincement des plumes sur le papier. Un moment des hannetons entrèrent ; mais personne n’y fit attention, pas même les tout petits qui s’appliquaient à tracer leurs bâtons avec un cœur, une conscience, comme si cela encore était du français…Sur la toiture de l’école, des pigeons roucoulaient tout bas, et je me disais en les écoutant :
« Est-ce qu’on ne va pas les obliger à chanter en allemand, eux aussi ? »

De temps en temps, quand je levais les yeux de dessus ma page, je voyais M. Hamel immobile ans sa chaire et fixant les objets autour de lui, comme s’il avait voulu emporter dans son regard toute sa petite maison d’école…
Pensez ! depuis quarante ans, il était là à la même place, avec sa cour en face de lui et sa classe toute pareille.
Seulement les bancs, les pupitres s’étaient polis,frottés par l’usage ; les noyers de la cour avaient grandi, et le houblon qu’il avait planté lui-même enguirlandait maintenant les fenêtres jusqu’au toit.
Quel crève-cœur ça devait être pour ce pauvre homme de quitter toutes ces choses, et d’entendre sa sœur qui allait, venait, dans la chambre au-dessus, en train de fermer leurs malles !
Car ils devaient partir le lendemain, s’en aller du pays pour toujours.
Tout de même, il eut le courage de nous faire la classe jusqu’au bout.
Après l’écriture, nous eûmes la leçon d’histoire ; ensuite les petits chantèrent tous ensemble le
BA BE BI BO BU.
Là-bas au fond de la salle, le vieux Hauser avait mis ses lunettes, et, tenant son abécédaire à deux mains, il épelait les lettres avec eux. On voyait qu’il s’appliquait lui aussi; sa voix tremblait
d’émotion, et c’était si drôle de l’entendre, que nous avions tous envie de rire et de pleurer.
Ah !je m’en souviendrai de cette dernière classe…Tout à coup l’horloge de l’église sonna midi, puis l’Angélus.
Au même moment, les trompettes des Prussiens qui revenaient de l’exercice éclatèrent sous nos fenêtres… M. Hamel se leva, tout pâle, dans sa chaire.
Jamais il ne m’avait paru si grand….

« Mes amis, dit-il, mes amis, je… je… »

Mais quelque chose l’étouffait. Il ne pouvait pas achever sa phrase.

Alors il se tourna vers le tableau, prit un morceau de craie et, en appuyant de toutes ses forces, il écrivit aussi gros qu’il put :

« VIVE LA FRANCE ! »

Puis il resta là, la tête appuyée au mur, et, sans parler, avec sa main, il nous faisait signe :

« C’est fini… allez-vous-en. »
 


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 SOURCES :  La Bibliothèque électronique du Québec

ILS L’ONT DIT SUR LE NET

PIERRE : A 86 ans et pour quelques euros avoir « en poche » de quoi retrouver sa bonne humeur…Retrouver du même coup ce qui m’.avait séduit a la première lecture pendant les temps noirs de la dernière guerre….Daudet ! Tu a apaisé jadis angoisses et terreurs…Aujourd’hui le monde est odieux, égoïste, cruel….aprés nous le déluge ? Lisez, relisez Daudet. C’est bon pour le moral !

FRANCK : Quand on pense à Alphonse Daudet , ce sont  » Les Lettres de mon moulin  » et  » Tartarin de Tarascon  » qui viennent immédiatement à l’esprit ; et pourtant……

Cet ouvrage intitulé  » Contes du lundi  » est une pépite.
Construit en 2 parties :

– la 1 ère ( une vingtaine de contes ) est centrée sur diverses situations de la guerre franco-prussienne de 1870 .La détresse des mères qui attendent des nouvelles de leur fils au front / les petites lâchetés de quelques uns profitant de la situation / la désolation des villages de province quittés par une population rurale terrorisée / Les actes héroïques de certains………

– une 2 ième partie plus  » intimiste  » reprend des scènes de la vie quotidienne à Paris et en Province. Les métaphores avec le contexte guerrier sont omniprésentes.

Une quarantaine de contes qui se lisent très rapidement et laissent un doux miel en bouche.
Le style , la richesse du vocabulaire et l’intensité des situations décrites ; Alphonse Daudet est un Maître.
Je vous invite à relire ou découvrir cette œuvre méconnue ; vous serez conquis .

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  – VU ET ENTENDU A LA TÉLÉ


FLONFLON ADORE … LIRE

 

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